Focus - Tribune
Mercredi 19 Novembre 2008
Vers une retraite après 65 ans ?
Selon l’exposé sommaire de cet amendement : « Il n’est plus acceptable aujourd’hui qu’un homme ou une femme âgé de 65 ans soit mis à la retraite contre son gré (…). Pour autant, les débats en commission des affaires culturelles, familiales et sociales ont montré les difficultés que pourrait poser pour les entreprises une suppression pure et simple de la procédure de mise à la retraite. » La sensibilité à la valeur travail est toujours aussi épidermique. Une mise en perspective permettrait peut-être d’y voir plus clair. On proposera deux considérations (très) générales. Première considération : le travail propre à l’économie industrielle était un travail essentiellement physique, plus les années passaient, plus l’organisme ressentait l’usure du temps ; le travail propre à l’économie de l’information est un travail de plus en plus intellectuel : plus les années passent, plus les connaissances et les savoir-faire acquis sont importants et donc « productifs ». Deuxième considération : les études démographiques montrent que l’espérance de vie à soixante connaît une forme accélération à partir des années 1970 (avec un écart qui reste constant entre l’espérance de vie totale et l’espérance de vie en bonne santé) ; depuis cette date, la vieillesse ne cesse donc de gagner du terrain. Est-il illégitime alors de donner la possibilité à ceux qui le souhaitent de prolonger une activité en soi enrichissante ?




