Focus - Tribune
Jeudi 09 Octobre 2008
Productivité – Réforme – Performance
L’impact du traitement automatisé des données a fait l’objet de maintes analyses du côté de la sphère marchande. Il en ressort généralement que nous sommes entrés dans une nouvelle ère économique, celle de l’économie de l’information. Une nouvelle ère qui vient refondre et redéfinir l’économie industrielle. Une nouvelle ère qui met en œuvre une nouvelle source de productivité : l’automatisation du traitement de l’information.
Étrangement, l’étude de l’impact de cette automatisation sur la sphère administrative n’a pas connu la même faveur. Et pourtant ! La sphère administrative n’est-elle pas le lieu par excellence du traitement de l’information. Cela est si vrai que le fonctionnaire a longtemps souffert d’une caricature bien particulière : celle du gratte-papier. Comme pour toute caricature, il s’agissait de grossir, pour mieux la ridiculiser, la part la moins gratifiante de son travail, celle qui consistait à (re)copier des données, à exécuter des tâches à faible contenu. Or ces tâches sont aujourd’hui prises en charge par l’ordinateur. L’automatisation du traitement de l’information est en marche du côté de la sphère administrative.
Les conséquences ne sont pas sans importance. D’une part, le contenu du travail du fonctionnaire se trouve mécaniquement rehaussé : les tâches purement répétitives, les tâches sans valeur ajoutée ne sont plus de son ressort ; elles sont automatisées et dévolues à la machine. La bonne exécution de tâches prédeterminées, un rôle passif par nature, n’est plus le lot quotidien du fonctionnaire. Il est et sera de plus en plus appelé à des tâches dynamiques, charge à lui de les nourrir de sa bonne connaissance et de sa bonne interprétation des informations dont il dispose. Son travail change de nature. D’autre part, les possibilités de traitement des informations administratives progressent de manière exponentielle. Les capacités de traitement doublent en moyenne tous les dix-huit mois ; les logiciels dotent l’analyse de données d’une profondeur inconnue jusqu’alors.
Pour un même engagement de moyens, la quantité et la qualité des prestations fournies s’accroissent quasi-quotidiennement. Une nouvelle productivité est à l’œuvre. Deux questions se posent alors : quelles actions accomplir pour favoriser la matérialisation de la productivité administrative ? Comment et à qui en redistribuer les bénéfices ? C’est à ce point précis qu’apparaît la réforme : le deux questions correspondent à ses deux enjeux principaux.
Le réaménagement des structures administratives ainsi que la redéfinition des missions et des objectifs de l’agent public alimentent la réponse à la première question. Quant aux bénéfices, ils peuvent être de deux ordres : quantitatifs et qualitatifs. Du point de vue quantitatif, les gains économiques peuvent concourir à la diminution de la dépense administrative comme à l’augmentation de la rétribution des fonctionnaires (la valeur ajoutée produite augmente). Du point de vue qualitatif, les prestations fournies changent de nature. D’un côté, elles sont à même de satisfaire de plus en plus étroitement les besoins du citoyen. De l’autre, elles concourent à l’amélioration du contenu du travail du fonctionnaire : autonomie et dynamisme prennent une place prépondérante. Sachant qu’autonomie et dynamisme conduisent très naturellement vers le concept de performance…




