Focus - Tribune
Vendredi 30 Octobre 2009
Les élus locaux, acteurs de la relance : de quoi parle-t-on ?
Le gouvernement déploie une vaste opération de communication à destination des élus locaux, du 30 octobre (à Valenciennes) au 18 décembre (à l'Assemblée nationale). L'objet ? "Sensibiliser les élus locaux" au plan de relance gouvernemental de l'économie française, leur permettre "de prendre une part active au débat national". Les modalités ? Un tour de France de 18 villes avec, à chaque étape, un séminaire structuré autour de 3 commissions : développement durable, fiscalité, financement des infrastructures. L'initiateur ? Le Mouvement national des élus locaux (MNEL) présidé par André Santini, ancien ministre (un initiateur quelque peu inattendu vu l'objet officiellement affiché). Les missi dominici ? Une quinzaine de ministres et secrétaires d'État. Intitulé de l'opération ? Les élus locaux, acteurs de la relance.
Tant de, soudaine, sollicitude milite pour une nouvelle question : s'agit-il vraiment du plan de relance ? La relance, les collectivités locales et leur élus la connaissent manifestement bien, et même très bien : leurs investissements 2009 (55 milliards d'euros) sont supérieurs de 55% au montant moyen des années précédentes (35 milliards d'euros), soit un "surinvestissement" de 20 milliards d'euros (voir notre actualité du 27 octobre). On notera au passage que lesdites collectivités locales communiquent très peu sur le sujet alors même que cette donnée est proche de celle du plan de relance "gouvernemental" , à savoir 26 milliards d'euros et que, pour ce qui est des investissements, la position de l'État est beaucoup plus modeste que celle des collectivités locales puisqu'il s'est engagé à hauteur de 4 milliards d'euros, voire même de 1,5 milliard si l'on tient compte des 2,5 milliards d'euros qui constituent en fait une accélération de projets déjà en cours (voir notre tribune du 3 mars).
S'agit-il alors, au-delà du plan de relance, de se rencontrer et de débattre ensemble de problèmes qui fâchent ? La suppression de la taxe professionnelle et son remplacement par la Contribution économique territoriale (CET) à titre d'exemple ; ou encore les projets de loi présentés au conseil des ministres du 28 octobre 2009 (voir notre actualité du 23 octobre) et, plus particulièrement le projet de loi sur la réforme des collectivités territoriales et celui relatif à l'élection des conseillers territoriaux. En tout état de cause, souhaitons que ce tour de France soit animé d'un esprit sportif et qu'il permette de faire émerger une vraie réflexion et une vraie entente nationales autour de ces, vraies, questions. Le sport a toujours laissé la porte ouverte aux résultats les plus improbables…




