Focus - Revue de presse
Vendredi 10 Juillet 2009
La taxe professionnelle est morte, vive la taxe carbone ?
L'ancien Premier ministre Michel Rocard a affirmé qu'un "accord de principe" sur la création d'une taxe carbone s'était dégagé à l'issue de la table ronde qui a eu lieu jeudi 9 juillet à Paris sous sa présidence, rassemblant des économistes, des élus ainsi que des représentants des syndicats et des ONG, indique l'Agence France Presse. "Il y a consensus, mais il y a des conditions d'acceptabilité et des conditions d'efficacité qui ne sont pas simples à remplir", a commenté l'ancien Premier ministre, qui doit remettre tout prochainement son rapport au gouvernement. Portée par Nicolas Hulot durant la campagne présidentielle de 2007, rappelle La Gazette des Communes, la taxe carbone vise à inciter entreprises, administrations et particuliers à consommer moins d'énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), en particulier dans les transports et le chauffage, afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Sur la base d'une tonne de CO2 à 32 euros, relève le site de La Gazette, cette taxe, qui se traduirait notamment par une hausse des prix du carburant à la pompe, pourrait rapporter environ huit milliards d'euros par an, selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise d'énergie (Ademe). Commentaire de Michel Rocard : le problème de cette taxe, c'est de "changer le comportement de gens en matière d'énergie, pas de les appauvrir". Or cette taxe, souligne La Gazette, n'aurait pas le même impact sur tous les ménages. Selon les calculs de l'Insee, elle représenterait environ 300 euros par an pour une famille avec deux parents actifs et un enfant vivant en milieu rural contre 80 euros pour un célibataire vivant dans un appartement en ville. D'où l'idée avancée par Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Ecologie, de mettre en place un "chèque vert", destiné à redistribuer aux ménages ("tous les ménages" a-t-il précisé dans Le Journal du Dimanche) le produit de la taxe carbone. Une idée qui a reçu un accueil mitigé de Christine Lagarde, la ministre des Finances, qui parle de "piste de recherche, mais certainement pas un aboutissement". Le ministre du Budget, Eric Woerth, lui, a une position plus tranchée et déclare dans une interview au quotidien Le Figaro qu'il n'est "pas favorable à la distribution de nouveaux chèques, verts ou pas". Et d'ajouter : "Nous sommes le pays qui redistribue le plus, 500 milliards de transferts sociaux par an ! Je suis pour une vision du développement durable qui ne se limite pas à l'écologie : être responsable vis-à-vis de nos enfants, ce n'est pas leur laisser une planète propre et une montagne de dettes". Quant à l'hypothèse de la taxe carbone pour compenser la suppression de la taxe professionnelle, avancée par certains, la commission des Finances du Sénat, par la voix de son rapporteur, Philippe Marini, cité par Localtis.Info, juge une telle mesure "contre-nature" : "Ce n'est pas un élément que l'on peut raisonnablement, sur le moyen terme, faire figurer sans contrepartie financière pour les ménages les plus modestes ou les petites entreprises les plus fragiles", a-t-il déclaré.




