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Focus - Revue de presse

Vendredi 21 Aout 2009

Taxe carbone sur fond d'algues vertes

La France a fait un pas hier vers la mise en place d'une fiscalité environnementale, commente Les Echos, qui relève qu'à l'occasion d'un déplacement en Bretagne consacré à la prolifération des algues, le Premier ministre François Fillon a affirmé : "La taxe carbone, dont les modalités d'application font débat, sera mise en œuvre en France. Nous vous ferons savoir dans les prochaines semaines les propositions qui seront soumises au Parlement". Remise au goût du jour en juillet par un groupe d'experts présidé par Michel Rocard, indique le journal Développement durable, cette taxe dont le principe a été arrêté par le Grenelle de l'environnement, devrait concerner les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) sur la base de 32 euros la tonne de CO2 puis jusqu'à 100 euros en 2030. Pour les ménages, elle portera sur le carburant et les modes de chauffage. Objectif : encourager la réduction de consommation des énergies fortement émettrices de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. Le Premier ministre a rappelé qu'il s'agissait d'un engagement pris par l'ensemble des candidats à l'élection présidentielle de 2007. "Nous avons ouvert une très large concertation, a souligné François Fillon, relayé par l'Agence France Presse. Il est normal que je continue avec Jean-Louis Borloo les consultations qui vont permettre la mise en œuvre de ce dispositif. L'AFP note que la France s'est engagée à diviser ses émissions de gaz à effet de serre par quatre d'ici 2050 par rapport à 1990. Le Parisien revient sur la déclaration, lundi, de Christine Lagarde qui a assuré que les recettes de la taxe carbone ne pourraient pas compenser la suppression de la taxe professionnelle (Ce qui avait fait réagir vivement le Syndicat national unifié des impôts [Snui], affirmant que taxe carbone et taxe professionnelle doivent être dissociées [lire à ce propos l'actualité Connexité du 20 août]). C'est (aussi) l'une des craintes des détracteurs de la taxe carbone, relève Le Parisien, qui souhaiteraient que cette nouvelle manne soit réservée à des investissements verts. Du côté des Verts justement, le site suisse Romandie news rapporte cette déclaration de Corinne Lepage, député européenne et ancienne ministre de l'Environnement : "Il est clair que si la taxe carbone est un moyen de renflouer les caisses de l'Etat, ce n'est pas la peine de la faire. (…) ce serait totalement négatif et, une fois de plus, cela ne ferait que présenter les questions écologiques comme des punitions". Daniel Cohn Bendit, cité par l'AFP et Le Parisien, estime que François Fillon s'est "mis à la mode écolo" (en visitant les plages bretonnes envahies par les algues vertes). Quant à la taxe carbone, "on va voir ce qu'il met dedans, qui contribuera à la taxe carbone, est-ce que l'électricité sera complètement dedans, comment les bénéfices seront répartis, donc attendons", a déclaré le chef de file d'Europe Ecologie.