Focus - Revue de presse
Mardi 28 Juillet 2009
Taxe carbone : Rocard au charbon…
Michel Rocard, président de la conférence d'experts sur la création d'une taxe carbone, ou Contribution climat énergie (CCE), rend sa copie cette après-midi au ministère du développement durable, rappelle l'Agence France Presse, qui précise qu'il devrait remettre ses recommandations à Jean-Louis Borloo et à la ministre de l'Economie Christine Lagarde. Interrogé ce matin sur Europe 1, l'ancien premier ministre socialiste a confirmé l'objectif général de la CEE : "taxer les produits les plus énergivores pour favoriser les plus respectueux de la planète et changer durablement le comportement des consommateurs". Tout ce qui consomme du pétrole, du gaz ou du charbon sera taxé, a-t-il confirmé, tout en n'excluant pas l'électricité, mais en refusant de stigmatiser l'énergie nucléaire, "moins dangereuse que le CO2". La mesure pourrait d'abord être mise en place dans les secteurs des transports et du logement. Quant au fonctionnement de la taxe, l'idée est de prélever à la source. Le surcoût sur le pétrole par exemple serait ensuite répercuté en cascade aux consommateurs de gazole, commente le site de la radio. Le Figaro relève que "tout le monde" doit participer à l'effort. La taxe carbone serait supportée "à 51% par les ménages, un peu moins de 40% par les entreprises et le reste par les administrations". Selon le quotidien, tout le monde est d'accord sur le montant de la taxe : au moins 32 euros la tonne de CO2 pour commencer. Sinon, l'effet dissuasif recherché ne serait pas obtenu. Cela représente un coût estimé de 300 euros par ménage et par an. Reste que l'opération doit se faire à prélèvements obligatoires constants, souligne Le Figaro. Le président de la République l'a dit et redit : pas de hausse de la fiscalité. D'où l'évocation à plusieurs reprises du versement d'un "chèque vert" aux classes moyennes et populaires (en guise de "redistribution"), note Challenges (on sait toutefois que cette idée n'est pas vue d'un bon oeil par Bercy). Reste aussi à savoir comment le montant de ce chèque sera calculé, tâche qui devrait appartenir désormais à l'administration fiscale, conclut le site. Acteurs publics relève la déclaration de la députée européenne Corinne Lepage, présidente du parti écologiste Cap 21, qui s'est prononcée pour la redistribution "dans un but social" de la taxe carbone, qui, selon elle, peut être "un accélérateur de sortie de crise", c'est-à-dire, a-t-elle précisé sur RTL : "aider ceux qui sont les plus démunis d'abord à supporter le poids supplémentaire que cela représente, et surtout à pouvoir changer : changer de chauffage, changer de voiture, de manière à finalement abaisser sur la durée le coût supporté par le ménage". Cependant, pour Libération, la taxe carbone effraie bon nombre de consommateurs d'énergie. Le quotidien cite la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) qui réclame une étude de son "impact économique" avant sa mise en œuvre. De même, la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) s'inquiète d'un alourdissement de la fiscalité et la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage (FF3C) réclame une réduction de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (Tipp). Face à l'inquiétude des lobbys, conclut Libération, Daniel Cohn-Bendit se veut rassurant. "C'est une mesure révolutionnaire, le début d'une transformation de l'impôt", a-t-il déclaré, tout en demandant à Nicolas Sarkozy de "tenir bon", parce que c'est "une idée juste". Quant à la mise en œuvre de la taxe carbone, "Le mieux serait d'être prêt pour 2010", a souligné Michel Rocard, cité par Le Nouvel Obs, avant d'ajouter : "Il y a encore deux trois mois de travail administratif détaillé qui n'est pas fini. Donc je ne sais pas si on sera prêts".




