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Focus - Revue de presse

Mercredi 27 Mai 2009

Sécurité intérieure : chacun voit midi à sa porte

Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des collectivités territoriales, a présenté ce mercredi 27 mai, en Conseil des ministres, le projet de loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi). Ce projet de loi, qui prévoit de consacrer quelque 2,5 milliards d'euros sur cinq ans au "renforcement des capacités de l'Etat pour protéger les citoyens", selon la ministre, a pour objectif de donner "une réponse immédiate aux nouvelles réalités de la délinquance". Il "crée ou renforce les instruments adaptés contre la cybercriminalité, le crime organisé, les violences qui fragilisent notre société, violence des bandes, violences dans les stades ou sur les routes, atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation". Le Figaro parle d'un texte court, ramassé en une quarantaine d'articles, pour dessiner les contours de la sécurité pour les cinq années à venir. A la veille d'une réunion organisée par Nicolas Sarkozy à l'Elysée, où seront évoqués l'insécurité à l'école et le fléau des bandes, commente le quotidien, la ministre de l'Intérieur dévoile une batterie de mesures qu'elle juge "fortes", visant à s'adapter aux évolutions de la délinquance. Ainsi, poursuit-il, face à une délinquance toujours plus mobile, les zones de police vont être retaillées à l'échelle des agglomérations. Dans les départements de Paris, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, "le préfet de police sera en charge du maintien de l'ordre public dans sa totalité", avec l'assistance des préfets des départements concernés. Les Echos s'intéresse davantage au volet Internet du projet de loi, en titrant : "Le gouvernement met Internet sous surveillance". Le journal économique relève que des mesures permettront aux services de l'Etat de surveiller le Web et de prendre en flagrant délit des internautes malfaiteurs. L'une d'elle, bien que circonscrite aux contenus en ligne à caractère pédopornographique, pourrait faire débat, souligne-t-il. Il s'agit du filtrage de sites Web. Autre mesure électronique de la Loppsi  : la captation à distance de données numériques telles qu'elles s'affichent à l'écran de l'ordinateur, visant aussi bien les pédophiles que les terroristes. Le Point signale que le projet simplifie les formalités permettant l'installation de systèmes de vidéoprotection et offre aux opérateurs privés (commerces, banques…) la possibilité d'installer des caméras dans des lieux "particulièrement exposés à des risques d'agression ou de vols", et non plus seulement à des actes de terrorisme. Le Parisien/Aujourd'hui en France retient la mesure de confiscation pure et simple du véhicule d'un chauffard. Pour la ministre de l'Intérieur, l'objectif est "d'aggraver des mesures déjà existantes pour les rendre réellement dissuasives". La loi obligerait un juge à prononcer cette peine complémentaire, à moins d'une "décision spécialement motivée", à l'encontre des automobilistes comparaissant pour conduite sans permis ou en état d'ivresse, pour récidive de grand excès de vitesse, ou de responsabilité établie dans un accident de la route ayant blessé ou tué. La simple énumération de mesures "durcies" montre qu'à ce stade, le projet de loi est surtout un fourre-tout sans vision large sur les questions de sécurité, commente Rue 89. Ce programme devrait relever plus du décret d'application que de la loi, persiste le site d'informations, qui qualifie Loppsi II (deuxième plan quinquennal du genre) de "énième loi sur la sécurité". D'autres médias, comme L'Express, soulignent que "le gouvernement veut reprendre l'initiative en matière de sécurité". La Loppsi II pourrait être présentée à l'Assemblée nationale courant juillet.

 

Aller plus loin :
Le projet de loi