Focus - Revue de presse
Mardi 14 Avril 2009
Redécoupage électoral : une "opération blanche" qui fait rire jaune
Le redécoupage de la carte électorale est obligatoire tous les deux recensements de la population, rappelle le Journal du dimanche. Il aurait donc dû intervenir après celui de 1999. À la fin de l'année dernière, le Parlement a finalement autorisé le gouvernement à revoir la carte qui date de 1986. Petit rappel : le nombre de circonscriptions est limité à 577, y compris les 14 nouveaux sièges créés pour les Français de l'étranger et les collectivités d'outre- mer. Dans Le Monde daté 12-13 avril, le secrétaire d'Etat aux collectivités territoriales, Alain Marleix, affirmait que le projet entraînerait la suppression de 33 des circonscriptions législatives existantes, et que ces suppressions concerneraient 18 circonscriptions actuellement détenues par la gauche et 15 par la droite. Une "opération blanche", selon lui. S'appuyant sur ses propres sources, Le Monde parle de la suppression de 23 circonscriptions de gauche et de 9 de droite. Information qualifiée d'"intox" par le secrétaire d'Etat. Reste que ni l'un ni l'autre des projets n'a ravi l'opposition, souligne Le Parisien/Aujourd'hui en France. Au "Grand rendez-vous" Europe 1/Le Parisien/TV5Monde, dimanche 12 avril, le socialiste Pierre Moscovici dénonçait "un tripatouillage" tout en ajoutant : "On a l'impression que la droite est en train de chercher à sanctuariser 200 à 250 circonscriptions pour elle, avec l'intention de rendre extrêmement difficile l'alternance". Les Echos relève que Roger-Gérard Schwartzenberg, président d'honneur des radicaux de gauche, a brocardé "l'absence manifeste d'impartialité" d'Alain Marleix, rappelant que celui-ci avait été "de 2005 à 2008 secrétaire national aux élections de l'UMP et a même cumulé ces deux fonctions de mars à octobre, alors même qu'il était chargé du découpage électoral". Ce mardi matin, 14 avril, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a assuré au micro de RTL que le redécoupage "sera transparent" et que "rien ne se fera en catimini", et affirmé que "l'objectif est d'avoir des élections qui soient équitables entre les départements, c'est-à-dire qu'en gros on envoie à l'Assemblée nationale un député pour, en gros, représenter le même nombre de Français". L'Agence France Presse note qu'une commission de contrôle des opérations de découpage, présidée par Yves Guéna, doit être mise en place le 21 avril et que le Parlement devra se prononcer définitivement avant le 8 janvier 2010, soit deux ans et demi avant les législatives de 2012.




