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Focus - Revue de presse

Jeudi 02 Juillet 2009

Questions autour du RSA, sauf pour Martin Hirsch

Le Haut commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, a annoncé ce mercredi 1er juillet que 500.000 personnes en activité avaient déposé un dossier pour percevoir le Revenu de solidarité active (RSA) depuis son entrée en vigueur le 1er juin, relate l'Agence France Presse. "Le dispositif du RSA monte bien en charge", a déclaré Martin Hirsch, interrogé lors des questions au gouvernement, ajoutant que c'est "un peu plus que le rythme que nous attendions et beaucoup plus que le rythme des autres prestations sociales". L'AFP rappelle que les premiers versements auront lieu le 6 juillet. A l'occasion d'un déplacement à Montpellier, relève Localtis Info, le Haut commissaire s'est voulu rassurant sur le financement de cette nouvelle prestation. Il entendait répondre ainsi aux inquiétudes qui commencent à se faire jour sur cette question, notamment parmi les départements, commente le site. Martin Hirsch : "Zéro inquiétude" pour le financement du RSA, titre Localtis, qui se souvient avoir laissé entendre bien en amont que les recettes issues du prélèvement de 1,1% sur les revenus du capital ne seraient pas – crise oblige – à la hauteur des montants envisagés lors de la préparation et de la discussion de la loi du 1er décembre 2008 généralisant le RSA. Or ces recettes, souligne-t-il, sont destinées à financer le surcoût du RSA par rapport au RMI. Résolument optimiste, Martin Hirsch a indiqué qu'un "engagement solennel a été pris et qu'il sera tenu à 100%". Le Monde, quant à lui, s'interroge : le RSA est-il un outil de retour à l'emploi ? Martin Hirsch a mis en place le RSA en poursuivant un double objectif,  rappelle le quotidien : favoriser le retour à l'emploi des allocataires des minima sociaux en leur assurant un surcroît durable de revenus dès l'instant où ils reprennent une activité (ce qui n'était pas toujours le cas auparavant) et améliorer le pouvoir d'achat des travailleurs pauvres. Après un accueil très favorable, souligne Le Monde, aujourd'hui de nombreuses réserves s'expriment, y compris chez ceux qui, comme l'économiste Denis Clerc, disent être "globalement" partisans du dispositif. La critique la plus forte porte sur les effets pervers du RSA : en complétant le revenu des personnes qui acceptent de travailler à temps partiel, il favoriserait, du même coup, le développement des "petits boulots". Dans une tribune publiée par le même quotidien, le sociologue Robert Castel, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), parle de "machine à fabriquer de la précarité". Une critique formulée également par les syndicats qui voient dans ce dispositif une possible incitation pour les entreprises à privilégier le temps partiel au détriment du temps plein. Tout en estimant qu'il peut "y avoir du bon temps partiel", Martin Hirsch a cependant tenté de rassurer les plus sceptiques en annonçant qu'il allait "surveiller les choses", bien que pour le moment rien ne laisse présager un tel phénomène.