Focus - Revue de presse
Mardi 12 Mai 2009
Projet de loi HPST : la semaine décisive
Cette semaine risque d'être décisive, souligne Libération à propos de l'hospitalisation en France où, selon le quotidien, l'hôpital public se débat en plein doute, ne sachant plus trop quelle est sa mission. Etre rentable, ou prendre en charge des malades, y compris des patients non rentables ? Semaine décisive donc, avec pas moins de deux interventions du chef de l'Etat : celle d'hier soir pour présenter le rapport Marescaux sur les CHU (lire notre actualité datée du 11 mai : http://www.connexite.fr/actualites#2650), celle d'aujourd'hui lors de sa visite d'un hôpital universitaire à Nancy. Par ailleurs, cet après-midi, le débat reprend au Sénat sur la loi Hôpital, patients, santé et territoires. Enfin jeudi verra se dérouler une nouvelle journée d'action des médecins et du personnel soignant "contre cette loi" et "pour l'hôpital public". Au milieu de cette agitation, la presse titre : "Sarkozy tente de calmer le jeu", "Bachelot joue l'apaisement" (Libération), "Les concessions de Nicolas Sarkozy" (Le Point), "Nicolas Sarkozy veut rassurer les personnels de la santé" (Le Monde)… Les Echos note que le président de la République modifie à nouveau sa copie pour amadouer les médecins. Le chef de l'Etat a approuvé l'essentiel des mesures préconisées par la commission Marescaux pour réformer les CHU. Elles renforcent le rôle des médecins et des responsables de la recherche et de l'enseignement dans la gestion. Autre concession au pouvoir médical : les médecins membres du directoire seront bien nommés, comme prévu par le directeur, mais celui-ci devra choisir sur une liste proposée par le président de la commission médicale d'établissement, autrement dit le représentant des médecins, commente le quotidien économique. Roselyne Bachelot a d'ores et déjà annoncé qu'elle multipliera les "gestes d'ouverture", relève Le Monde. Mais le malaise des personnels de santé dépasse le projet de loi qui va être débattu, souligne le quotidien du soir. Les syndicats dénoncent les financements insuffisants du secteur alors que la ministre de la santé préfère pointer des "problèmes d'organisation". D'après un sondage réalisé pour Les Echos et France Info, 74% des Français estiment que "les personnels hospitaliers ont raison de s'opposer à cette loi car elle risque de privilégier la logique comptable au détriment de la logique de santé". Seront-ils rassurés par les propos du chef de l'Etat hier soir, rapportés par Le Point : "Personne n'a jamais dit que l'hôpital devait devenir une entreprise. Mais l'hôpital n'est pas non plus condamné à être en déficit avec le contribuable". Alors au total : "grogne en voie d'être calmée", selon le pronostic du professeur Marescaux ? "Première victoire de la communauté hospitalière", répond le député PS Jean-Marie Le Guen qui prédit que ce "recul" en appelle d'autres. Côté sénateurs, l'ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a jugé ce mardi 12 mai au micro d'Europe 1, que le président de la République a "redressé la barre" alors qu'on était "quelque peu dans une impasse". Il a aussi affirmé que le Sénat voterait le texte si ses amendements étaient acceptés par le gouvernement. Quelque 1400 amendements ont été déposés : les débats risquent d'être longs.




