Imprimer

Focus - Revue de presse

Mercredi 04 Mars 2009

Projet de loi HPST : liberté d’installation versus déserts médicaux ?

L’Assemblée nationale a voté hier un amendement UMP qui maintient la liberté d’installation des médecins tout en évaluant leur répartition géographique dans les prochaines années, indique l’Agence France Presse. L’amendement prévoit en effet une évaluation des schémas régionaux d’organisation des soins (SROS) trois ans après leur mise en œuvre. « Si cette évaluation fait apparaître que les besoins en médecins ne sont pas satisfaits en certains endroits, (ceux) installés dans les zones bien pourvues signent un contrat de solidarité par lequel ils s’engagent à contribuer à répondre aux besoins de santé de la population de ces zones moins bien dotées ». L’amendement ajoute : « Les médecins qui refusent de signer un tel contrat, ou qui ne respectent pas les obligations qu’ils comportent pour eux, s’acquittent d’une contribution forfaitaire annuelle. » Les élus socialistes ont demandé « des mesures de régulation de l’implantation des médecins, en plafonnant, voire en gelant, les installations dans les zones trop denses », note Le Monde. Mais leur amendement a été rejeté. L’amendement UMP suffira-t-il à limiter l’extension des déserts médicaux ? « Arrêtons les dispositifs qui ne servent à rien », a lancé le député UMP de la Lozère, Pierre Morel-A-L’Huissier, qui a dénoncé l’état désertique de certains territoires français par ce cri d’alarme, relevé par le quotidien La Croix : « Dans les zones rurales, il vaut mieux être une vache qu’un homme. Dans mon département, en effet, il y a plus de vétérinaires efficaces que de médecins ». Et d’ajouter : « Dans quatre ans, 40 % des médecins de Lozère auront pris leur retraite. » Au fait, qu’est-ce qui détermine le choix des médecins de leur lieu d’installation ? Eléments de réponse dans Le Quotidien du Médecin : leur décision, prise à l’âge de 39 ans en moyenne pour les généralistes, est guidée d’abord par la qualité de vie, les possibilités professionnelles offertes à leur conjoint, la proximité d’autres professionnels de santé, l’opportunité d’exercer en groupe.