Focus - Revue de presse
Vendredi 15 Mai 2009
Projet de loi HPST : concessions, confusion, défections et vives accusations
Les premiers débats au Sénat sur le projet de loi Bachelot sont vifs, relève Localtis Info qui indique par ailleurs que la ministre de la Santé a apporté des précisions sur le sort des petits hôpitaux et que Valérie Létard est revenue sur la place des collectivités face aux pouvoirs des ARS. Le site n'exclut pas la possibilité d'une deuxième lecture à l'Assemblée nationale. La secrétaire d'Etat chargée de la solidarité a voulu rassurer les sénateurs en affirmant que les trois "lignes de force" de la réforme du secteur médico-social sera la "pleine association des associations et collectivités locales à la définition des priorités de la politique régionale de santé et à ses conditions de mise en œuvre".
L'éventualité d'une seconde lecture à l'Assemblée nationale, pour laquelle Bernard Accoyer, son président, aurait reçu un accord de principe, ce mercredi 13 mai, de la part de Nicolas Sarkozy, semble avoir quelque peu "compliqué" les débats, mettant notamment en porte-à-faux Roselyne Bachelot, qui avait affirmé le 12 mai : "Je ne lèverai pas la déclaration d'urgence". L'accumulation des reculs et concessions de la part de l'exécutif commence en effet à poser problème du côté de certains partisans "historiques" du texte. La Fédération hospitalière de France parle de "renoncements délétères", estimant que "la nouvelle rédaction, en l'état, altère profondément la cohérence et le sens de la réforme". L'agence de presse Destination Santé indique que les associations de patients dénoncent le "saccage" de la loi HPST et reprend de larges extraits du communiqué publié par le Collectif interassociatif sur la Santé (CISS), qui, au nom des 33 associations qu'elle représente, retire son soutien au texte : "Il comportait des dispositions en faveur de l'égalité aux soins. Il n'en reste plus rien. Nous n'avons donc plus à le soutenir". Le CISS évoque, entre autres, "la lutte contre les déserts médicaux et bien d'autres mesures en faveur de l'égalité des soins qui ont disparu du texte". Dans une lettre ouverte adressée "par les citoyens-usagers de la santé aux parlementaires, censés les représenter", Christian Saoult, le président du CISS, pose directement la question : "L'accès aux soins pour tous, ça vous intéresse ?". Le Monde reprend l'accusation de Jean-Marie Le Guen, député PS de Paris et président du conseil d'administration de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, concernant le volet hospitalier du projet de loi : "Bachelot trahit les engagements de Sarkozy". Dans son blog, le député "demande solennellement au président de la République d'exiger de Madame Bachelot le respect des engagements qu'il a pris", notamment celui portant sur la constitution d'un directoire avec les représentants médicaux.




