Focus - Revue de presse
Vendredi 05 Juin 2009
Prévention de la délinquance : un plan à ne pas négliger
Le 28 mai dernier, Nicolas Sarkozy annonçait qu'il avait demandé au Premier ministre de lui présenter, "dès septembre, un plan gouvernemental de prévention de la délinquance et d'aide aux victimes". "Il faut que nous mettions pleinement en œuvre la loi sur la prévention de la délinquance" de mars 2007 ajoutait Nicolas Sarkozy, auteur de cette loi en tant que ministre de l'Intérieur, rappelait alors Le Nouvel Obs. Le président de la République estimait que "la prévention de la délinquance a été beaucoup négligé ces dernières années". Message reçu cinq sur cinq par François Fillon, qui a réuni ce jeudi 4 juin le Comité interministériel de prévention de la délinquance (CIPD). Première décision : faire procéder à l'évaluation de la mise en œuvre de la loi du 5 mars 2007 d'ici à la fin du mois de juillet. L'association des maires de France (AMF) sera "associée à ce travail qui s'attachera à identifier les bonnes pratiques", indique le communiqué de Matignon, alors même que le texte visait à renforcer les pouvoirs du maire en matière de prévention, remarque Localtis Info, qui relève que le Conseil national des villes (CNV) s'est déjà penché sur le sujet récemment avant de conclure à une "absence quasi systématique d'application" de ce texte. Ce que confirme La Gazette des Communes, qui précise que le CNV appelait les ministères concernés à "ouvrir une large concertation" avec les collectivités locales et à "dégager les moyens nécessaires" à son application. Dans son avis, le CNV mettait en avant "plusieurs sujets d'alerte ayant une incidence sur l'augmentation de la délinquance ou la précarisation" : la déscolarisation de nombreux adolescents, l'absence d'articulation avec les intervenants de la santé mentale, la prise en charge de jeunes gens isolés et en situation d'errance, l'absence de coordination en matière d'aide sociale entre les villes et les conseils généraux. Dès maintenant, souligne le communiqué de Matignon, la réunion du CIPD a défini les premières orientations "qui pourront être affinées ou complétées en fonction des résultats de l'évaluation" : amélioration du suivi individuel des mineurs délinquants ; réforme des politiques d'accompagnement parental ; "sanctuarisation" des établissements scolaires ; développement de la vidéoprotection ; programme de lutte contre les violences intrafamiliales ; renforcement de l'aide aux victimes. Et le communiqué de conclure : "Ces orientations s'inscriront dans le cadre d'une relance des contrats locaux de sécurité qui deviendront le cadre privilégié des actions partenariales de prévention de la délinquance entre l'Etat et les collectivités locales". Des contrats locaux plutôt rares à en juger par les chiffres annoncés par le chef de l'Etat lui-même dans son discours du 28 mai : 22 signés en 2007, 6 en 2008, 1 en 2009.




