Focus - Revue de presse
Mercredi 11 Mars 2009
Loi Création et Internet : les anti-Hadopi montent au créneau
Au moment où démarre à l’Assemblée nationale les discussions sur le projet de loi création et Internet, dit aussi Hadopi (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et les protections des droits sur Internet), on prévoit un débat houleux au sein de l’hémicycle, mais aussi à l’extérieur, où se multiplient les prises de position contre ce que certains appellent un projet de loi « liberticide » (lire aussi notre revue de presse du 9 mars 2009). L’Humanité estime en outre que celui-ci se trompe de cible : « L’argument principal étant de défendre les droits des auteurs, on appréciera néanmoins avec quel empressement les industriels de l’audiovisuel attendent cette loi. » Des inquiétudes sont également à voir du côté de la défense des libertés individuelles, note le journal communiste, faisant référence notamment à l’avis très critique de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) rendu en 2008 à propos, entre autres, de la garantie de confidentialité des données et de la préservation de l’identité de la personne contrôlée. Même si des amendements sont intervenus entre temps, l’Humanité pose la question de l’indépendance de l’Hadopi. Le Figaro publie une interview d’Edouard Barreiro, spécialiste des nouvelles technologies à l’UFC-Que Choisir. Celui-ci dénonce un projet de loi « liberticide » qui « traite l’internaute comme un vulgaire pirate ». Il rejette par ailleurs l’argument de la défense de l’industrie du disque et du cinéma en crise : « Le gouvernement suit la ligne des majors, qui gagnent énormément d’argent, mais oublie les petits artistes qui sont mal rémunérés. » Dans une chronique publiée par L’Express, Jacques Attali parle d’une « loi absurde et scandaleuse ». Absurde « parce que plus personne ne télécharge (…), parce qu’on prétend interdire d’Internet toute une famille (…), parce que les vrais artistes n’ont rien à perdre à faire connaître leurs œuvres (…) », scandaleuse « parce que cette loi ouvre la voie à une surveillance générale des internautes et parce qu’elle protège des rentes de situation…» Marianne donne la parole au cofondateur du collectif anti-loi Hadopi La Quadrature du Net, qui pointe « l’inculture technologique » du cabinet de Christine Albanel. Médiapart revient sur les « quelques bonnes raisons » pour lesquelles le texte soulève l’indignation sur le Net, tandis que Rue 89 confie une tribune au Réseau des pirates qui propose un « Pacte pour les libertés numériques ».




