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Focus - Revue de presse

Vendredi 22 Mai 2009

HPST et publicité de l'alcool sur Internet : un nouveau paradoxe français ?

Le Sénat a fini d'examiner, mercredi 20 mai, le volet hospitalier de la loi Bachelot, relève Le Monde, qui précise : les sénateurs ont adopté les dispositions qui modifient la gouvernance hospitalière, dans le sens des concessions accordées par le gouvernement aux médecins. Sur plusieurs autres points, le gouvernement a réussi à rétablir son projet de loi initial. Il n'a, en revanche, pas obtenu gain de cause sur un amendement important : le président du conseil de surveillance des hôpitaux devra être obligatoirement un élu. L'examen du projet de loi Bachelot a été prolongé jusqu'au vendredi 29 mai, indique La Gazette des Communes, se référant aux conclusions de la conférence des présidents publiées le 19 mai. Plus de 1.300 amendements ont été déposés sur ce texte et les sénateurs en ont encore plus de 760 à examiner. A l'ordre du jour de la suite des débats, le volet consacré à la prévention, en particulier celle des jeunes, notamment au regard de la consommation d'alcool. Petit rappel énoncé par MSN Santé : le projet de loi Hôpital, patients, santé et territoires, adopté en mars par l'Assemblée nationale et actuellement en discussion au Sénat, interdit toute vente d'alcool et de tabac aux moins de 18 ans, ainsi que la vente d'alcool au forfait (open bar) . Mais un amendement adopté par les députés et soutenu par le gouvernement vise à autoriser la publicité pour les boissons alcoolisées sur Internet, un aménagement – réclamé par le secteur viticole – de la loi Evin de 1991 qui n'avait pas prévu à l'époque ce support [lire à ce propos notre revue de presse du 10 mars]. Or, Claude Evin fait justement partie des huit personnalités qui, aux côtés de 14 associations, réclament dans une lettre ouverte au président de la République, au gouvernement et aux parlementaires, le maintien de l'interdiction de la publicité pour l'alcool sur Internet. Une information relayée notamment par Le Généraliste. Les signataires de la lettre, publiée le 19 mai, s'étonnent du côté paradoxal de la loi Bachelot, "qui a pour objet de prendre les mesures de nature à garantir la protection de la santé des jeunes" mais qui ouvrirait (si le texte était maintenu) la publicité pour l'alcool "à ce média surpuissant et incontournable pour les jeunes qu'est Internet. (…) On ne peut vouloir une chose et son contraire". Le Journal du Net rappelle que Roselyne Bachelot avait indiqué en octobre 1998, qu'elle ne s'opposerait pas à un amendement autorisant la publicité pour l'alcool sur Internet dans le cadre de ce projet de loi et qu'une première levée de boucliers avait alors eu lieu de la part d'associations jugeant cette disposition contradictoire avec la protection des jeunes, premiers utilisateurs du Web. Huit Français sur dix sont opposés à la publicité pour l'alcool sur Internet, soulignent les signataires de la lettre du 19 mai. "Accroître sur Internet les possibilités de promotion de l'alcool à une époque où l'alcoolisation et l'ivresse explosent chez les jeunes est un risque de société majeur : à 16 ans, âge où se construit la personnalité, 57% ont un accès quotidien à Internet", plaident-ils.

 

Lire la lettre ouverte
http://internet.anpaa.asso.fr/html-fr/milieu/f_milieu_communique-presse.html