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Focus - Revue de presse

Jeudi 20 Aout 2009

Hébergement des personnes âgées : le projet de décret battra-t-il en retraite ?

Un projet de décret suscite une vive controverse parmi les professionnels de la prise en charge des personnes âgées, au point que le gouvernement semble désormais l'enterrer, relève Les Echos. Ce texte, qui date du 23 juin dernier, a été révélé hier par La Croix. Il vise à réformer la façon dont les maisons de retraite (établissements publics et associatifs) fixent leurs tarifs. C'est la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009, votée en fin d'année dernière, qui oblige à ces révisions, explique le journal catholique. D'une part le texte généralise l'attribution d'une dotation aux établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes (Ehpad) pour les soins et la dépendance, calulée à partir d'indices moyens. Cela signifie que les établissements recevront une enveloppe qu'ils devront gérer eux-mêmes. D'autre part, le projet de décret crée une nouvelle tarification pour l'hébergement, la part prise en charge par la personne âgée ou les familles. Le texte préconise de laisser la maison de retraite fixer elle-même son prix de journée pour les personnes qui ne bénéficient pas de l'aide sociale. Quels sont les risques de cette dernière mesure en particulier ? Le premier, note Le Monde, est une forte hausse du prix de l'hébergement. "Comme les dépenses de soins et de dépendance devront être couvertes par les dotations globales attribuées et plafonnées, la tentation sera grande d'augmenter le prix d'hébergement pour couvrir les frais restants. Les familles vont donc devoir mettre un peu plus la main à la poche", indique Joëlle Le Gall, présidente de la Fédération nationale des associations de personnes âgées et de leurs familles, citée par La Croix et Le Monde. Autre risque relevé par ce dernier, celui d'un système à deux vitesses séparant les personnes bénéficiant de l'aide sociale et les autres. Enfin, il y a le risque de dégradation des prestations avec la nécessité pour certains établissements insuffisamment dotés de faire des économies sur le personnel pour payer les médicaments. Au ministère du Travail, on explique qu'il s'agit d'éviter "les grandes fluctuations des tarifs d'une année sur l'autre", retient Notre Temps, qui ajoute que l'évolution des prix sera encadrée et les comptes contrôlés afin d'éviter les abus et que ce nouveau système pourrait entrer en vigueur le 1er janvier 2010. Cependant, souligne Les Echos, au gouvernement, on se démarque très nettement de ce texte, qui date du mois de juin : "On ne va pas libéraliser les tarifs des maisons de retraite, explique-t-on au secrétariat d'Etat aux Aînés. Il n'y a pas de consensus sur ce point". D'ailleurs, une nouvelle réunion avec les acteurs du secteur est prévue début septembre.