Focus - Revue de presse
Jeudi 09 Avril 2009
Hadopi victime du phénomène de rejet
Retournement, grosse surprise, coup de théâtre, séisme… la presse cherche l'expression juste pour qualifier le rejet contre toute attente de la loi Hadopi ce jeudi 9 avril. Les députés PS, majoritaires dans l'Hémicycle au moment du vote, ont fait basculer le scrutin, explique Le Figaro, alors que la loi Hadopi avait été adoptée mardi en commission mixte paritaire et que le vote du parlement ne devait être qu'une formalité. Ratifiée par le Sénat le matin, la loi a, semble-t-il, été victime à l'Assemblée nationale d'une mauvaise anticipation par l'UMP de la présence de l'opposition. A moins que les députés de la majorité aient choisi de "voter avec leurs pieds" en ne se mobilisant pas en masse pour le vote, avance Le Figaro. Le fait est que la loi a été rejetée par 21 voix contre 15. "Alléluia ! C'est un miracle parlementaire !" a lancé le député socialiste Christian Paul, cité par Libération : "Il y avait un vent de révolte dans le pays, qui s'est engouffré dans l'Assemblée et nous a fait passer de l'opposition à la majorité", a-t-il ajouté. Le Monde relève que Jean-François Copé était absent au moment du vote. Cette "imprévoyance" de l'UMP est un "coup dur" pour Nicolas Sarkozy, commente le quotidien du soir. La Quadrature du Net interprète ce rejet comme une "formidable victoire pour les citoyens, un fantastique exemple de l'utilisation du net pour contrer ceux qui tentent de le contrôler". Et maintenant ? "Le projet "n'est retardé que de quelques semaines", rétorque Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, cité par Le Point. Le gouvernement le représentera à l'Assemblée nationale "à la rentrée des vacances parlementaires de Pâques"… mais il y aura réexamen en commission des lois, possibilité pour les députés et le gouvernement de déposer de nouveaux amendements, nouveau vote au Sénat, puis retour à l'Assemblée nationale. Entre temps, les députés européens se seront prononcés sur le paquet télécom, avec une possible adoption d'un amendement qui pourrait rendre la loi Hadopi contraire au droit européen.




