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Focus - Revue de presse

Jeudi 18 Juin 2009

Changement de statut : le calendrier de La Poste

La Poste deviendra bien une société anonyme à capitaux publics début 2010, a annoncé mardi 16 juin Luc Chatel, qui maintient donc le calendrier initial et le financement prévu (2,7 milliards d'euros) malgré la crise et le climat social tendu, relève l'Agence France Presse, qui cite le secrétaire d'Etat à l'Industrie : "Le Conseil des ministres devrait, le 27 juillet, adopter ce projet de loi" et "le débat parlementaire pourrait avoir lieu à l'automne". Un calendrier qui, selon lui, "donne à La Poste une année pour bien se préparer, avec son nouveau statut et l'augmentation de capital qui pourra intervenir dans la foulée, à l'ouverture du marché au 1er janvier 2011". Selon le gouvernement, la fin du statut d'établissement public est (en effet) obligatoire en vue de l'ouverture totale du marché postal à la concurrence décidée au niveau européen, commente Le Monde qui ajoute que les adversaires du projet estiment qu'il existe d'autres solutions que le changement de statut et pensent que la privatisation totale de La Poste est l'objectif caché, à terme, du projet. Ce à quoi Luc Chatel répond que La Poste, "incarnation du service public à la française", restera 100% publique. Pas de privatisation, fût-elle partielle comme pour EDF, note La Tribune, pas de menace pour l'emploi et pas de changement de statut pour le personnel : les fonctionnaires le resteront. En revanche, souligne dans l'édito Pierre-Angel Gay, son directeur adjoint, maintien d'un service de qualité "irréprochable". Le courrier restera distribué six jours sur sept, et le projet, un temps caressé par l'entreprise, d'un courrier livré à  J + 2, et non plus au lendemain du jour où il a été posté, est abandonné. Autres garanties promises par le secrétaire d'Etat : "le prix du timbre unique" et le même nombre de points de contact sur le territoire. Enfin, La Poste sera chargée pendant quinze ans du service universel postal pour l'ensemble du territoire.
Le projet de loi sera également l'occasion de revoir le financement de certaines missions, complète Les Echos, notamment le service universel et l'aménagement du territoire, deux des quatre missions de service public de La Poste, avec l'accessibilité bancaire et la distribution de la presse. Une première étude, réalisée à l'automne, aboutit, selon les informations du quotidien économique, à un chiffrage de surcoût de l'ordre de 944 millions d'euros, pour couvrir le service universel. De même, le maintien sur le territoire d'un réseau étendu de points de contacts (17.000), a un coût : près de 380 millions d'euros, financés en partie seulement (137 millions en 2008) par un abattement fiscal sur la taxe professionnelle. Avec la disparition de cette dernière, souligne Les Echos, les élus locaux s'inquiètent pour l'avenir de la présence postale sur leur territoire. Pour chacun de ces deux défis à relever, le gouvernement a d'ailleurs commandé une étude.
Sur l'ensemble du  projet, côté syndicats de postiers, l'émotion est à son comble, la mobilisation aussi. Les six principaux d'entre eux devaient se réunir ce jeudi 18 juin pour préparer une réponse commune.