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Focus - Revue de presse

Mardi 17 Mars 2009

Le bouclier fiscal sur la défensive

René Couanau, député UMP, a confirmé lundi à l’Agence France Presse qu’il demandera la suspension du bouclier fiscal lors de l’examen du projet de loi de finances rectificatives mercredi et jeudi à l’Assemblée nationale, relève le Nouvel Obs, qui note que la majorité a commencé à se lézarder sur cette question. Explication du député : « Au moment où nous voulons redonner confiance dans le plan de relance, il me paraît opportun de faire ce geste symbolique pour accroître la confiance. » De son côté, l’UMP Pierre Méhaignerie, président de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, pourrait défendre un amendement pour « faire participer les très hauts revenus à l’effort national », tandis que le président du Sénat, Gérard Larcher, se prononce pour une réflexion sur la contribution des foyers les plus aisés. Dans une interview aux Echos, Dominique de Villepin préconise de ramener le bouclier fiscal à 60 % le temps de la crise. Au sein même du gouvernement, note Libération, il y a désaccord entre Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au Commerce, qui se dit lui aussi favorable à une contribution exceptionnelle portant sur les hauts revenus et Eric Woerth, ministre du budget, qui estime que le bouclier fiscal est une mesure juste qu’il faut maintenir. « Il y a deux ans, on a arrêté le bouclier fiscal à 50 %. On ne va pas changer d’avis tous les quatre matins », a déclaré le ministre ce mardi au micro d’Europe 1. « Le bouclier fiscal, c’est dire aux Français qu’ils ne travailleront pas plus d’un jour sur deux pour l’Etat », a-t-il ajouté. Le Figaro souligne que ce dispositif ne touche que peu de bénéficiaires : à peine 13 998 foyers en 2008 sur les 35 millions que compte notre pays, selon des données provisoires publiées par Bercy. Pour 77 % d’entre eux, leur revenu était inférieur à 12 964 euros, pour 74 % inférieur à 3 753 euros. Ces derniers ont reçu en 2007 un chèque moyen du fisc de 1 288 euros contre un remboursement de 84 729 euros pour ceux déclarant plus de 41 982 euros. En valeur, commente Le Figaro, 10 % des Français les plus aisés ont absorbé, en 2007, 83 % des restitutions du bouclier.