Focus
Mercredi 09 Juin 2010
Nathalie Kosciusko-Morizet et le "Soutien aux usages, services et contenus numériques innovants"
Le lundi 7 juin, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Economie numérique lance une consultation publique présentée comme "le coup d'envoi de la mise en œuvre des investissements d'avenir pour le développement des usages et services numériques, dont l'enveloppe s'élève à 2,5 milliards d'euros". Des appels à projets auront lieu ultérieurement : ils matérialiseront les contributions produites par les différents acteurs. Les grands axes sont donnés : appel est fait à des projets structurants au sens de "permettre de bien positionner les acteurs et notamment les PME d'une filière dans la chaîne de valeur", ainsi qu'à des projets qui répondent à des principes d'évolutivité et d'interopérabilité (l'emploi de standards ouverts devra être favorisé de manière à respecter "l'impératif d'atteindre des économies d'échelle").
On rappellera que l'économie numérique a été identifiée par le Gouvernement comme l'une des 5 priorités nationales d'investissement d'avenir (le programme de la consultation publique fait valoir que "sur la période allant de 2001 à 2005, l'investissement dans ce secteur à contribué pour 60% à la création d'emplois et de richesse"). En conséquence, le grand emprunt lui a réservé 4,5 milliards d'euros. Une somme qui se répartit en deux grands volets : le premier est destiné à accélérer le déploiement des réseaux à très haut débit sur l'ensemble du territoire (2 milliards d'euros), le second doit "accompagner le développement de nouveaux usages, services et contenus numériques innovants" (soit les 2,5 milliards d'euros de la consultation publique). Un Fonds pour la société numérique (FSN) prendra en charge la gestion du financement de ce deuxième volet. Les critères de sélection sont clairement exprimés : création d'activité économique, d'emploi, de recettes fiscales supplémentaires, aménagement du territoire, maximisation du retour sur investissement pour l'Etat. Les bénéfices attendus devront en outre être tangibles, "chiffrés ex-ante et évalués ex-post".
Les interventions se concentreront sur 9 thématiques principales : le développement de l’informatique en nuage (cloud computing); la numérisation et valorisation des contenus culturels, éducatifs et scientifiques; le développement des technologies de base du numérique; last but not least, le développement de 5 nouveaux usages numériques : le réseau électrique intelligent (smart grid), l'e-santé, la sécurité et résilience des réseaux, les systèmes de transport intelligents, la ville numérique et l'e-éducation. Trois thématiques sont d'ores et déjà dotées d'une enveloppe financière: 750 millions d'euros pour la numérisation des contenus, 500 millions d'euros pour l'informatique en nuage et 250 millions d'euros pour le réseau électrique intelligent.
La ville numérique est entendue comme une ville globale qui recouvre les espaces aussi bien intérieurs (les foyers) que collectifs. Les enjeux énoncés sont d'importance : la fluidification, sécurisation et personnalisation des transports, des loisirs, du commerce et du tourisme ("jeux de rôle" de découverte urbaine, lecture de bornes d'information, audio-guides); la protection de l'environnement (mesure de la pollution sur téléphone portable, outils de suivi de la consommation des particuliers pour autorégulation); le maintien du lien social (réseau social des habitants d'un même quartier, affichage de petites annonces); l'attractivité du territoire, en particulier pour l'implantation de pôles de recherche et de développement (accès ubiquitaire à des services de formation, de recherche d'emploi, de réservation de salle de réunion, développement du télétravail)… Concernant ce chapitre de la ville numérique, le programme prévoit de soutenir des projets déployés par les collectivités territoriales en collaboration avec des acteurs privés. Le financement à de tels projets "viserait notamment à favoriser la réalisation d’une vitrine technologique française et européenne des premiers usages de la ville numérique et une dissémination sur l’ensemble du territoire national".
Nathalie Kosciusko-Morizet a tenu à marquer que la consultation s'adresse à l'ensemble de l'écosystème de la société numérique, "de l'auto-entrepreneur aux grands groupes, du blogueur aux associations, du chercheur à l'internaute". Ajoutant également : "Le grand emprunt, ce n'est pas un guichet de subventions"; le devenir est manifestement ouvert: "Il n'y a pas de dossiers bouclés ou ficelés. Il nous reste à préciser, valider et compléter nos idées avec les acteurs du secteur."
La société numérique, une société à bâtir, une nouvelle société!
Christophe Pouthier




