Focus - Revue de presse
Mercredi 14 Avril 2010
Retraites : des chiffres qui font peur et une confrontation assurée
Le rapport du Conseil d’orientation des retraites, (publié officiellement aujourd’hui), situerait le déficit du système français en 2050 dans une fourchette de 72 à 115 milliards d’euros, selon La Tribune, qui rappelle que lundi, la première journée de rencontres entre Gouvernement et partenaires sociaux sur la future réforme s’est traduite par de vives tensions. A l’horizon moins lointain de 2020, poursuit le journal économique, le COR évalue le besoin de financement du système de retraite entre 40 et 49 milliards d’euros. Pour cette année, le COR retient une prévision de déficit de 32,2 milliards d’euros, relève Les Echos, qui fait état du trouble exprimé par le Medef au regard des trois scénarios, qu’il juge peu réalistes, du Conseil d’orientation. "Le Medef critique le COR", confirme Le Figaro : selon l’organisation patronale, ses hypothèses risquent de "pénaliser la crédibilité de la réflexion" sur le sujet.
L’Agence France Presse reprend les déclarations du député socialiste Manuel Valls sur Canal Plus, qui a jugé "sans doute proches de la réalité" les prévisions alarmantes du COR à l’horizon 2050, estimant qu’exclure un allongement de la durée de cotisation serait "mentir aux Français". "C’est Nostradamus là, ce n’est plus de l’économie", a déclaré le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly sur Radio Classique. Selon lui, "personne ne peut faire des prévisions sérieuses en 2050", ajoutant que le COR "fait comme si on n’allait rien changer dans la répartition des richesses", ni "en termes de fiscalité." Cependant, le secrétaire général de FO "ne refuse pas d’examiner la piste d’une augmentation des cotisations."
Toujours est-il que le COR évalue notamment le fait qu’il faudrait reculer d’au moins cinq ans l’âge effectif moyen de départ à la retraite d’ici 2020 pour garantir l’équilibre du système et de 10 ans d’ici 2050, si l’on ne jouait que sur ce paramètre (sans toucher au taux de cotisations et au niveau des pensions actuels), note La Gazette des communes.
Challenges souligne que le rapport du COR devrait servir de base de réflexion au Gouvernement, qui a entamé ses consultations avec les partenaires sociaux lundi et les poursuivra la semaine prochaine avec les syndicats de fonctionnaires. Il pourrait notamment choisir de reporter l’âge légale de la retraite au-delà de 60 ans, une mesure qui selon le site d’informations économiques, fait figure de chiffon rouge pour certains syndicats. Au cours de la réunion de lundi, précise Secteur public, Eric Woerth, ministre du Travail, a proposé le calendrier et la méthode du chantier de la réforme des retraites. Selon le site, la concertation devrait rapidement se muer en confrontation, le calendrier est en effet déjà critiqué. Le Gouvernement veut présenter un texte au Parlement en septembre, après examen dès juillet d’un projet de loi en Conseil des ministres. "Trop court !" a rétorqué notamment François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, cité par le Nouvel Obs : "Pour nous, le calendrier est trop court. Vouloir absolument faire une réforme des retraites d’ici cet été, même si elle doit être discutée au Parlement en septembre, me semble réducteur et risque d’accentuer les inégalités", tout en rappelant que son organisation était "attachée à l’âge de départ à 60 ans."
Quant aux discussions prévues la semaine prochaine entre Eric Woerth, Georges Tron et les organisations de fonctionnaires, La Gazette des communes note les déclarations du ministre du Travail : "Être fonctionnaire, ce n’est pas être salarié du privé, il est normal que les règles de retraite ne soient pas exactement les mêmes". Propos confirmés par le secrétariat d’Etat à la Fonction publique sur Radio J, concernant, entre autres, l’harmonisation privé-public : "On ne peut pas en faire un préalable. (…) Il faut que les Français puissent avoir un sentiment d’équité. La question de l’uniformisation des deux régimes est sans doute complexe telle qu’on la décrit, mais en tout cas il faut qu’il y ait une lisibilité nettement accrue."
Guy Malherbe




