Focus - Revue de presse
Jeudi 04 Mars 2010
Nicolas Sarkozy à Laon : ce que veut dire "être fonctionnaire"
En déplacement à Laon pour évoquer "l’avenir de la fonction publique", mardi 2 mars, Nicolas Sarkozy a encensé les fonctionnaires, leur demandant d’être "fiers" de leur métier, relate Le Monde. Aux personnels de la mairie de Laon, où il est venu visiter le service de passeports biométriques, complète le quotidien du soir, il a lancé : "Hier, j’étais dans deux départements martyrisés par la tempête. Je peux dire qu’en Vendée et en Charente-Maritime ils comprennent ce que ça veut dire, des services publics disponibles quand il y a un problème."
Entre le non-remplacement d’un départ sur deux, la réforme de l’État et la question pendante des retraites, les fonctionnaires sont souvent inquiets, commente Le Figaro. C’est pour rassurer et défendre sa politique que Nicolas Sarkozy est venu à leur rencontre dans la préfecture de l’Aisne. Selon le quotidien du matin, le lieu ne doit rien au hasard. Car le grand chantier du moment est la réorganisation des services de l’État dans les régions et départements. Un big bang qui touche 250 000 fonctionnaires. Concrètement, précise Le Figaro, depuis le 1er janvier, il n’existe plus que deux à trois directions administratives par département, là où il y en avait une dizaine auparavant. À Laon, les fonctionnaires de la DDASS, de la Jeunesse et des Sports, d’une partie de l’Équipement et d’un service de la préfecture ont été regroupés dans une seule entité, la nouvelle direction départementale de la cohésion sociale.
Plus généralement, « l’avenir de la fonction publique » était le thème de la table ronde qui a clôturé le déplacement du président de la République à Laon. Ce qui en ressort, pour le Courrier picard, c’est que sur la fonction publique aussi, Nicolas Sarkozy gardera le cap. C’est ainsi qu’il persiste et signe, s’agissant du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite : "Entre 1981 et 2007, la France a recruté un million de fonctionnaires supplémentaires. Que je sache, elle n’était pas sous-administrée à l‘époque…". La contrepartie : "La moitié des économies réalisée doit être affectée au pouvoir d’achat. Moins de fonctionnaires, mais des fonctionnaires mieux payés, mieux considérés, plutôt que des fonctionnaires plus nombreux, moins payés, moins considérés."
Quant aux retraites, un des grands chantiers sociaux de 2010, rappelle Maire-info, le chef de l’État a souligné que la fonction publique n’échapperait pas à la réforme mais que celle-ci devrait tenir compte de sa spécificité, comme son niveau de pension actuellement calculé sur les six derniers mois de carrière contre vingt-cinq ans dans le privé. "Je ferai la réforme des retraites mais je la ferai de façon juste et, dans mon esprit, ça concerne les fonctionnaires aussi", a déclaré Nicolas Sarkozy.
Sur la question de la mobilité, La Gazette des communes relève les propos du président de la République : "La polémique qu’il y a eu est effrayante de mauvaise foi. (…) Aujourd’hui, quelqu’un dont le poste est supprimé n’a aucune protection. Ce que nous avons mis en place, c’est un système où il y aura trois propositions qui tiennent compte de votre famille, de l’endroit où vous habitez, de vos compétences. C’est beaucoup plus protecteur. Moi, je souhaite davantage de mobilité."
Davantage de mobilité, notamment entre la fonction publique territoriale et la fonction publique d’État, note l’agence Associated Press, qui reprend les déclarations du chef de l’Etat : "Il n’y a pas une petite et une grande (fonction publique), pas une noble et une qui ne l’est pas. Il faut mettre de la fluidité dans tout ceci". En ce qui concerne la promotion sociale, ajoute-t-il : "Il y a trop de rigidités. (…) Tout le monde n’est pas une bête à concours ! (…) La valorisation de l’expérience, avec un jury pour assurer que ce n’est pas fait à la tête du client, ça vaut autant que le concours", citant l’exemple dans la fonction publique hospitalière de "passerelles pour que des infirmières puissent, par la valorisation de l’expérience, pourquoi pas, devenir médecins."




