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Focus - Revue de presse

Mercredi 31 Mars 2010

La culture prise en tenailles entre réforme territoriale et RGPP ?

"No culture, no future", dans les rues de Paris voire en régions, les professionnels du spectacle vivant et de la création se sont mobilisés en nombre lundi (29 mars) pour défendre "l’art et la culture", menacés selon eux par la réforme territoriale et la politique du Gouvernement, indique l’Agence France Presse.

Les professionnels du spectacle craignent en effet que les départements et régions perdent la possibilité d’intervenir dans le champ de la culture, qui ne fait pas partie de leurs prérogatives de base et ce, malgré les déclarations du président de la République, explique Localtis.info : "Toutes les collectivités, des communes aux régions en passant par les intercommunalités et les départements, continueront à exercer leur compétence culturelle après le vote de la loi réformant les responsabilités des collectivités territoriales", a-t-il affirmé lors de la cérémonie des vœux du 7 janvier dernier à la Cité de la musique de Paris. Or, note Le Monde, adopté en première lecture au Sénat le 4 février, le projet de loi réformant les collectivités territoriales ne garantit pas, pour l’instant, que les régions et les départements auront la compétence culturelle.

Autre préoccupation des professionnels de la culture : la suppression de la taxe professionnelle et certains transferts de charge non compensés de l’Etat vers les collectivités. Préoccupation partagée par certains départements : "on sait que trente départements seront en difficulté en 2010 et ne pourront pas subventionner la culture à la même hauteur qu’avant", a déploré François le Pillouër, président du Syndeac, cité par Le Parisien. Le site artclair.com indique que François le Pillouër a pris l’exemple de l’Ille-et-Vilaine qui voit son budget pour la culture réduit de 20%. Trente départements connaissent la même situation en 2010, précise le site spécialisé dans les beaux-arts. Le quotidien gratuit 20 minutes note cette déclaration de Christophe Jaillet, délégué du syndicat français des artistes-CGT en Rhône-Alpes : "Les élus nous l’ont déjà dit, la culture sera la variable d’ajustement. Cette réforme sera synonyme d’une réduction des subventions sous prétexte de simplification. Aider une compagnie indépendante n’est pas visible contrairement à la rénovation d’un lycée."

Quant à la révision générale des politiques publiques (RGPP), rebaptisée "régression générale des politiques publiques" par Jean Voirin, secrétaire général de la CGT-spectacle, cité par l’AFP, la vive inquiétude ressentie par les professionnels est qu’après s’être attaquée à l’administration du ministère de la Culture, elle devrait concerner les institutions subventionnées par l’Etat, souligne Localtis Info.

Guy Malherbe