Focus - Revue de presse
Vendredi 18 Juin 2010
La réforme des retraites à travers la presse
"Retraites : Nicolas Sarkozy rend (aujourd’hui, vendredi 18 juin) ses derniers arbitrages", titre TF1 News, rappelant que le Gouvernement poursuit un dernier round de concertation express avec les partenaires sociaux pour finaliser son projet de réforme. Les derniers arbitrages de Nicolas Sarkozy à l’issue de cette semaine d’annonce ne devraient pas chambouler le dispositif imaginé par le ministre du Travail, précise le site LCI/TFI, ajoutant qu'ils devraient concerner la pénibilité, les "carrières longues" et les personnes relevant de plusieurs régime de retraites.
Officiellement, la réforme des retraites est toujours "amendable", note La Croix. Ce n’est en effet que (cet) après-midi qu’une ultime "réunion d’arbitrage" à l’Elysée validera le texte définitif avant son examen, prochain, au Conseil d’Etat, puis en Conseil des ministres le 13 juillet, puis au Parlement en septembre. Le quotidien catholique exprime cependant son scepticisme : mais le document peut-il véritablement évoluer d’ici là ? s’interroge-t-il. Et de citer, comme en réponse, Eric Aubin, en charge des retraites à la CGT : "On voudrait nous faire croire que les syndicats sont entendus mais on nous a baladés pendant deux mois de concertation et le Gouvernement a fait ce qu’il a voulu." Effectivement, commente le quotidien, dès mercredi, Eric Woerth a indiqué qu’il ne négocierait pas sur le cœur de la réforme, à savoir le passage de l’âge légal de départ de 60 à 62 ans entre 2011 et 2018, et de 65 à 67 ans pour l’âge du taux plein. Autre sujet de discorde, particulièrement mal vécu par les syndicats du secteur public : la hausse des cotisations des fonctionnaires de 7,85% à 10,55%.
Le front syndical reste uni, relève Le Monde. Sous le titre "Réforme injuste : mobilisation massive le 24 juin 2010", les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires et UNSA, impliquées depuis octobre 2008 dans une intersyndicale, ont publié un communiqué à la tonalité très offensive, que la CFTC a décidé de signer : "Quelle que soit leur appréciation sur les solutions à apporter pour l’avenir des retraites, elles affirment que la réforme proposée est inacceptable, injuste, essentiellement à la charge des salariés, comptable et de court terme, sans réponse aux vraies questions. (…) Cette réforme, loin de répondre à l’enjeu de société qu’est celui de l’avenir des retraites, est brutale et porteuse de recul social du privé, du public et des régimes spéciaux." L’intersyndicale appelle à une "participation massive à la journée nationale de grève et de manifestations du 24 juin". Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, semble tenté de cesser son cavalier seul, indique le quotidien. Il a fait savoir qu’il consulterait les instances dirigeantes de la confédération sur la possibilité d’une participation à cette journée.
La mobilisation du 24 juin, le ministre du Travail prédit qu’elle sera très forte. "Nous l’attendons, nous ne la redoutons pas", a-t-il indiqué hier sur RTL. Pour contrer la colère des syndicats, relève Les Echos, Nicolas Sarkozy, François Fillon et Eric Woerth insistent par ailleurs sur le côté "juste" de la réforme. Le Gouvernement fait en particulier un geste pour les salariés qui ont commencé à travailler jeunes, et qui seront les plus pénalisés par la réforme. Le dispositif "carrières longues", qui permet un départ anticipé lorsque l’on a suffisamment cotisé, est aménagé et maintenu : 90.000 assurés continueraient à en bénéficier tous les ans.
Autre point clé, souligne le quotidien économique : le rapprochement des règles en vigueur dans le public et le privé. Les mesures annoncées tentent le grand écart entre l’harmonisation (une demande forte de l’opinion) et le souci de ne pas trop mobiliser les fonctionnaires. On ne touche pas au mode de calcul de la pension ("impossible si on ne remet pas à plat le système de rémunération", argumente Eric Woerth), mais on aligne les taux de cotisation, au risque d’amputer le pouvoir d’achat.
Le ministre a cependant écarté toute compensation, souligne l’Agence France Presse. "Non, on ne compensera pas, a-t-il déclaré, car comment voulez-vous régler une question d’injustice entre salariés du privé et du public et dire en même temps on compense ? Il faut regarder les choses en face et assumer, nous assumons." Selon Eric Woerth, "les fonctionnaires ont à peu près la même rémunération que les salariés du privé pour les catégories B et C, (même si) pour les cadres supérieurs c’est un peu moins. (…) Ils ont la même retraite (…) : on ne prend pas en compte les primes mais comme le taux de remplacement est plus élevé, ils ont la même retraite, un petit peu plus même que les salariés du privé ; ce qui n’est pas normal, c’est que les cotisations soient plus faibles. (…) Nous augmentons sur dix ans, cela fait 0,27 ou 0,28% par an, ce n’est pas beaucoup."
Guy Malherbe
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