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Focus - Revue de presse

Jeudi 10 Juin 2010

Retraite des fonctionnaires : rumeurs ou fuites organisées… des méthodes dénoncées par les syndicats

"Mon court entretien sur la réforme des retraites confirme que tout le monde va y perdre", a déclaré hier Bernard Thibaut, qui venait de remettre au ministre du Travail, Eric Woerth, une pétition de la CGT sur le sujet, relève l’Agence France Presse. Lequel ministre a réaffirmé que "la réforme sera sur la table entre le 15 et le 16 (juin)" et que "la plupart des décisions restent à prendre (…) qui seront soumises à consultations des partenaires sociaux."

Alors simples rumeurs ou fuites savamment organisées que celles d’une augmentation des cotisations des fonctionnaires ? Le site de France 2 note que les syndicats de fonctionnaires dénoncent une parodie de négociation. Le Gouvernement s’apprêterait à relever le taux des cotisations, actuellement de 7,85% contre 10,55% dans le privé, afin de collecter trois milliards d’euros.

Le Figaro confirme qu’il s’agit là d’une des pistes privilégiées par le Gouvernement au nom de "l’équité". Le quotidien rappelle que Georges Tron, secrétaire d’Etat à la Fonction publique, s’était d’ailleurs récemment interrogé : est-ce "équitable, normal, que pour avoir une retraite qui est à peu près d’un montant équivalent, on paie trois points de plus dans le privé que dans le public ?" En outre, ajoute Le Figaro, le Conseil d’orientation des retraites (COR) avait estimé que le relèvement d’un point de cotisation retraite des fonctionnaires rapporterait 720 millions d’euros.

Pour le moment, note Le Parisien, pour les fonctionnaires, les six derniers mois d’activité hors primes sont pris en compte pour calculer le montant de la pension, alors que pour les salariés du privé, ce sont les vingt-cinq meilleures années. Une autre piste pour le Gouvernement ? Le quotidien revient lui aussi sur une déclaration de George Tron à propos de l’harmonisation public-privé effectuée au nom de l’équité. Le secrétaire d’Etat estimant qu’il s’agit d’un sujet "qu’on ne peut pas enlever de la discussion globale" tout en ajoutant prudemment qu’on "ne peut pas pour autant en faire un préalable."

Le site Nouvelobs.com souligne les réactions de colère des syndicats contre le projet gouvernemental d’augmenter le taux de cotisation des fonctionnaires, en dénonçant une "parodie de négociation" et une augmentation des prélèvements au détriment des revenus modestes. L’Unsa-Education a estimé dans un communiqué que cette hausse se traduirait au minimum par une perte de revenu disponible de 40 à 100 euros par mois. Tandis que la CGC-Fonction publique rappelle que depuis 2000, les agents publics ont perdu près de 18% de leur pouvoir d’achat, tout en ajoutant qu’une nouvelle dégradation des revenus des fonctionnaires est inacceptable "sans que l’Etat employeur contribue comme dans le privé à un niveau double des cotisations des agents pour leurs retraites complémentaires."

Guy Malherbe