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Focus - Revue de presse

Vendredi 07 Mai 2010

Gel des dépenses publiques : cela concerne aussi les collectivités locales

Dépenses publiques, notamment sociales, gelées pour les trois ans à venir, rabotage des niches fiscales, baisse du train de vie de l’Etat : le Gouvernement serre la vis pour réduire le déficit et prévient que tous les Français devront consentir des efforts, indique l’Agence France Presse, qui ajoute que François Fillon l’a confirmé jeudi, après avoir convoqué en séminaire tous ses ministres pour préparer le budget triennal 2011-2013, en pleine tempête économico-financière qui frappe la Grèce et fait vaciller Portugal et Espagne.

Le site mag-finance.com note que le Premier ministre a indiqué notamment vouloir réduire les niches fiscales qui coûtent chaque année 70 milliards d’euros à l’Etat et ainsi économiser 5 milliards d’euros sur deux ans. La politique de non-remplacement d’un départ sur deux à la retraite sera poursuivie dans la fonction publique et l’Etat a décidé de réduire ses dépenses de fonctionnement de 10% en trois ans. L’objectif est clair pour François Fillon, commente le site, réduire en 2013 le déficit public de la France sous la barre des 3%, limite autorisée par Bruxelles, alors que le déficit français devrait être cette année de 8%.

Mais tout cela ne suffira pas, loin de là, souligne Les Echos, qui reprend cette déclaration de François Fillon à l’issue du séminaire gouvernemental consacré au budget : "L’ensemble des dépenses d’intervention fera l’objet d’un réexamen." Matignon ambitionne plusieurs milliards d’économies par an, précise le quotidien économique. Sont concernées les dépenses sociales dites "de guichet" (aide au logement, allocation adulte handicapé, etc.), comme les dépenses discrétionnaires : contrats aidés, aides à la construction, subventions, etc.. Dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP), lancée en 2007, le Gouvernement est allé très loin dans la réorganisation de l’administration, permettant ainsi de réduire les frais de fonctionnement. Mais, poursuit Les Echos, il a laissé en friches des dépenses d’intervention.

A côté de l’Etat, les collectivités pourraient voir leurs dotations gelées, ajoute le quotidien. Ce que confirme La Croix, qui prévoit que la deuxième "conférence du déficit" annoncée pour le jeudi 20 mai, sera sans doute l’occasion de réclamer aussi des efforts aux collectivités locales. Maire-info rappelle que les dépenses de l’Etat, qui s’apprêtent à être gelées, englobent notamment les dotations aux collectivités locales.

Alors, s’interroge TF1 : rigueur or not rigueur ? On en est loin, réplique le Premier ministre, même si la "souveraineté nationale est en cause", selon les propos de Christine Lagarde au Sénat. Peut-on parler alors de plan d'austérité, comme le fait Michel Sapin, l’ancien ministre socialiste de l’Economie, un plan qu’il qualifie d’une "extrême rigueur". "Nous ne voulons pas de la rigueur parce que c’est un mauvais mot", a déclaré Luc Chatel sur RTL. Quant à savoir si les salaires des fonctionnaires seront gelés pendant trois ans, le porte-parole du Gouvernement a bien du mal à se montrer rassurant : "Je ne peux pas le dire, a-t-il répondu, laissons les discussions se tenir entre l’Etat et les partenaires sociaux." Pas de plan de rigueur donc, si l'on en croit la ministre de l’Economie qui s'exprimait sur Canal Plus, qui préfère évoquer une "politique responsable dans une situation difficile"… à la rigueur.

Guy Malherbe