Focus - Revue de presse
Jeudi 29 Avril 2010
Vote au Sénat : le Grand Paris sur les rails… de la discorde
Avec un peu de retard sur le calendrier, les sénateurs ont voté, après les députés en décembre, le projet de loi sur le Grand Paris, relève Le Parisien, qui précise que le texte a été adopté, dans la nuit de lundi à mardi, par 179 voix contre 153, et qu’il a été approuvé par la majorité UMP et Union centriste, tandis que l’opposition PS, PCF, Verts et radicaux de gauche du RDSE ont voté contre. Sous l’impulsion de Jean-Pierre Fourcade, sénateur UMP des Hauts-de-Seine et ancien ministre, ajoute le quotidien, la majorité a profondément modifié le texte voté par les députés. Elle a notamment enterré, par un amendement, le projet concurrent de rocade ferroviaire en proche banlieue, dénommé Arc Express, élaboré par la région Île-de-France.
Le projet de loi prévoit une double boucle de métro automatique autour de Paris reliant des pôles économiques (Saclay, La Défense, Plaine-Commune, Roissy, Orly, notamment), avec des aménagements autour des futures gares, note Le Courrier des maires, et permettant des liaisons banlieues-banlieues. D’un coût de 21,4 milliards d’euros, ce métro est censé favoriser le développement de l’Île-de-France. Il doit, selon le secrétaire d’Etat au développement de la région capitale Christian Blanc, permettre de maintenir Paris et l’Île-de-France "dans le peloton de tête des quatre premières villes-monde, avec New York, Londres et Tokyo."
Localtis Info s’attarde sur les derniers points du texte qui visent à faire du plateau de Saclay une future "Silicon Valley" à la française, et précise qu’un établissement public de Paris-Saclay est créé pour assurer "l’impulsion de coordination du développement du pôle scientifique et technologique du plateau de Saclay ainsi que son rayonnement international". Le site revient aussi sur "l’âge du capitaine", signalant que les sénateurs ont rétabli la limite d’âge de 65 ans pour le futur président de la société du Grand Paris (SGP) qu’avait supprimé l’Assemblée nationale. Commentaire, teinté d’un brin de malice, de Localtis Info : d’aucuns y ont vu une tentative du rapporteur du texte Jean-Pierre Fourcade d’écarter les velléités du député-maire d’Issy-les-Moulineaux André Santini, candidat au poste et âgé de 69 ans.
Plus généralement, l’opposition a fortement manifesté son désaccord avec le texte, souligne le site territorial.fr., citant notamment le député PS Jean-Pierre Caffet : "Vous ne nous avez pas convaincus que pour relancer la compétitivité, il suffit de relier sept ou huit pôles économiques." L’ancienne ministre de la culture, Catherine Tasca, a également rejeté ce "projet (qui) sacrifie la décentralisation", note territorial.fr, relayant également la déclaration du maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui dénonce un projet "à la fois passéiste, autoritaire et inefficace", dessinant en outre une région Île-de-France "éclatée, avec des poches de développement limitées à quelques territoires économiques jugés prioritaires."
Le Point retient la réaction de Jean-Paul Huchon, le président socialiste de la région Île-de-France, qui a qualifié de "passage en force" l’adoption du texte par le Sénat. Dans un communiqué, Jean-Paul Huchon et Jean-Luc Laurent, délégué spécial du Grand Paris, regrettent "l’obstination du secrétaire d’Etat Christian Blanc à faire adopter par le Sénat son texte de loi relatif au projet de Grand Paris qui constitue un véritable déni de démocratie." Selon le président de la région IDF, "ce projet ne répond en rien aux urgences des Franciliens, ni en matière de transports ni en matière de logement, et ne fait qu’aggraver le déséquilibre à l’ouest de la métropole francilienne."
Capital.fr signale que la partie est encore loin d’être gagnée pour le Gouvernement. Le projet de loi sera examiné en commission mixte paritaire le 20 mai prochain. En cas de maintien du texte en l’état, précise le site, la région Île-de-France a déjà prévenu qu’elle n’hésiterait pas à rompre certains partenariats élaborés avec l’Etat. L’opposition devrait, pour sa part, saisir le Conseil constitutionnel.
Guy Malherbe




