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Mardi 03 Novembre 2009
Le Conseil stratégique des industries de santé à l'honneur
La quatrième réunion du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) s'est tenue le 27 octobre 2009 à l'Élysée. Convoqués par le Président de la république, les 13 entreprises et les 4 instituts de recherche membres de ce conseil ont travaillé sous la présidence de Christine Lagarde (ministre de l'Économie, de l'industrie et de l'emploi), accompagnée de Valérie Pécresse (Enseignement supérieur et recherche), Roselyne Bachelot-Narquin (Santé et sports) et Christian Estrosi (Industrie).
Premier exportateur de médicaments vers le reste de l'Europe et troisième exportateur mondial (derrière l'Allemagne et les USA), le secteur pharmaceutique français doit faire face à une refonte de son modèle économique : la délocalisation de la production chimique traditionnelle, la concurrence des génériques et la vigilance accentuée des autorités réglementaires conjuguent leurs effets. Effets auxquels il faut bien évidemment ajouter la montée en puissance des biotechnologies, avec, pour corolaire, de nouvelles méthodes de recherche, de nouveaux processus de production ainsi que de nouvelles compétences scientifiques.
Trois objectifs majeurs ont été définis lors de la réunion : le développement des biotechnologies, celui des partenariats public-privé dans le domaine de la recherche biomédicale, l'accompagnement des mutations industrielles.
Le président de la République a alors fait part d'un ensemble de décisions, toutes destinées à servir ces objectifs :
- création d'un fonds d'investissement dans le domaine des biotechnologies, fonds de plus de 130 millions d'euros cofinancé par le Fonds stratégique d'investissement (FSI) et les entreprises pharmaceutiques françaises ;
- renforcement de la politique de l'emploi et de la formation ;
- dynamisation de la collecte du renseignement et de la répression de la contrefaçon de médicaments ;
- doublement de la recherche partenariale dans le domaine biomédical : les industriels s'engagent à doubler leurs investissements de manière à atteindre un montant annuel de 62,5 millions d'euros en 2012 ;
- faire de l'Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé un interlocuteur privilégié des industriels : rassemblant le CEA, le CNRS, l’Inra, l’Inria, l’Inserm, l'IRD, l’Institut Pasteur et la Conférence des présidents d’université, cette alliance est conçue pour "impulser une nouvelle organisation de la recherche française, fondée davantage sur la coordination et le partenariat".
- développement de la bio-production (plus de 50% des nouveaux médicaments actuellement en développement sont issus des biotechnologies) ;
- ouverture du capital de la filiale biotechnologie du Laboratoire français du fractionnement et des biotechnologies (LFB) : détenu à 100% par l'État, le LFB achète la totalité du plasma collecté par l'Établissement français du sang et approvisionne les établissements de santé en médicaments issus du plasma ;
- incitation à la fabrication de spécialités pharmaceutiques : sachant qu'il vaut mieux prévenir que guérir, les pouvoirs publics souhaitent organiser, sur le territoire européen, un continuum entre la production d'un médicament et celle de son générique plutôt que de subir de plein fouet la concurrence de producteurs de pays tiers ;
- amélioration du suivi des ventes à l'exportation ;
- développement des outils liés à l'épidémiologie ;
- amélioration de l'accès aux thérapeutiques.
Deux petites remarques : les politiques industrielles publiques sont en cour ; l'élaboration d'une stratégie sectorielle d'importance n'a pas eu à attendre et à passer par un "grand emprunt".




