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Lundi 26 Decembre 2011

La révision de la directive de 1995 sur la protection des données inquiète la CNIL

La commission des lois du Sénat, qui s'est réunie le mercredi 14 décembre 2011 sous la présidence de Jean-Pierre Sueur, a entendu la présidente de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés), Isabelle Falque-Pierrotin, qui a insisté sur les risques que comporte la proposition de révision de la directive européenne 95/46/CE, relative au cadre juridique européen en matière de protection des données personnelles, préparée par la Commission européenne. Ce texte devrait être présenté en janvier 2012.

L'objet de l'inquiétude est que la Commission souhaite que soit retenu désormais le critère du "principal établissement" d’un responsable de traitement pour désigner l’autorité de protection compétente. Une telle mesure pourrait ainsi exclure la CNIL pour des données concernant des citoyens français mais dont le responsable de traitement serait situé sur le territoire d'un autre Etat membre. Par exemple, si un responsable de traitement est établi dans trois pays, la France, l’Espagne et l’Irlande, et que son principal établissement est situé en Irlande, seule l’autorité irlandaise serait compétente pour l’ensemble des traitements, qu’ils soient réalisés en Irlande, en France ou en Espagne.

Selon la présidente de la CNIL, cette solution porterait atteinte à la protection des données personnelles de la population et aussi aux intérêts économiques de la France. Elle pourrait également favoriser les délocalisations d’entreprises vers des Etats dont les autorités de protection des données personnelles privilégient une approche plus souple et moins exigeante que celle retenue par la France.

Aller plus loin

Directive 95/46/CE du Parlement européen et du Conseil, du 24 octobre 1995, relative à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données