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Actualités

Mardi 13 Septembre 2011

La gestion des déchets ménagers coûte de plus en plus cher aux collectivités

En 2009, les communes et groupements de communes ont dépensé environ 8 milliards d’euros pour la collecte et le traitement des ordures ménagères, soit un coût annuel de 124 euros par habitant et 298 euros par ménage. C'est un des constats faits par la Cour et les chambres régionales des comptes dans un rapport présenté ce matin, résultat d'une enquête menée sur la période 2004-2010. Conséquence sur la fiscalité locale, la part destinée à financer la gestion des déchets ménagers pèse de plus en plus lourd : 5 milliards d’euros sur les 46 milliards de recettes. La Cour et les chambres régionales recommandent donc une généralisation des outils de mesure et de connaissance des coûts, notamment en rendant obligatoire un budget annexe "déchets" et en généralisant une comptabilité analytique "déchets".

Pour expliquer ces chiffres, sur les 150 organismes contrôlés, les chambres régionales ont constaté une augmentation globale des dépenses de près de 30% de 2004 à 2008. Les coûts de la collecte et du traitement des déchets affichent une hausse de 10%, dans le même temps les coûts en personnel ont augmenté de 40%.

Des lacunes en matière de gestion du personnel

L’organisation du travail semble être une problématique particulière. D’abord, les services publics de collecte des déchets ménagers et assimilés ont, selon le rapport de la Cour, la double caractéristique de mobiliser une forte présence syndicale et d’appliquer le régime du "fini-parti" : lorsque l’agent a terminé sa collecte, il peut quitter son poste sans avoir nécessairement effectué ses 35 heures. Ce système encouragerait parfois une mauvaise qualité de service rendu et oblige la collectivité à vérifier périodiquement que les tournées représentent des charges de travail proches d’un plein temps et équilibrées entre tous les salariés.

Mais ce n’est pas le seul problème rencontré, la Cour souligne également l’absence de toute gestion prévisionnelle des emplois et des compétences et la difficulté de reclassement des agents. S’ajoutent les questions relatives à la salubrité du travail et à l’absentéisme. Sur ce dernier point, à titre d’exemple, le SMICTOM d’Alsace centrale (Bas-Rhin) chiffre le coût global de l’absentéisme à 544.500 euros par an. Pour y remédier, les collectivités trouvent souvent une solution managériale dans l’attribution (ou non) de primes.

La rémunération des agents est aussi source de questionnements, de nombreux versements irréguliers ont été relevés, dont celui de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) et de la prime technique de l’entretien des travaux et de l’exploitation. De même, pendant la durée des congés maladie certaines primes liées exclusivement à l’exercice des fonctions, ainsi que l’intégralité des traitements au-delà des 12 mois de congés longue maladie, sont parfois abusivement maintenues.

Aller plus loin


Rapport thématique, Les collectivités locales et la gestion des déchets ménagers et assimilés, Cour des comptes, septembre 2011

La synthèse du rapport