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Actualités

Lundi 07 Juin 2010

Royaume-Uni : halte à la carte d'identité et au passeport biométrique

Propos de Nick Clegg, vice-Premier ministre du Royaume-Uni, le 19 mai:

"Il est scandaleux que des personnes respectables, respectueuses des lois soient régulièrement considérées comme si elles avaient quelque chose à cacher. Cela doit cesser. En conséquence, le projet de cartes d'identité ne verra pas le jour. Il n'y aura ni répertoire national d'identité, ni deuxième génération de passeports biométriques."

Propos de Theresa May, secrétaire d'État à l'Intérieur du Royaume-Uni, le 27 mai:

"Ce projet de loi [abandon du projet de cartes d'identité] sera suivi de nombreux autres, qui seront pris par le Gouvernement pour réduire le contrôle de l'État sur des personnes respectables, respectueuses de la loi, et pour leur restituer le pouvoir. Forts d'une approbation rapide du Parlement, nous avons l'intention de renvoyer à l'Histoire, dans les 100 jours, le projet de cartes."

L'affaire est entendue : la carte d'identité n'a toujours pas droit de cité outre Manche. Deux motifs sont invoqués par le Gouvernement nouvellement élu de David Cameron. Le premier touche au respect de la personne et de sa liberté d'agir, l'habeas corpus qui se loge au cœur de la philosophie politique britannique. Le second relève de la politique budgétaire : l'abandon du projet se traduira, pour les comptes publics, par une économie de 220 millions de livres (267 millions d'euros) à quoi il faut ajouter les 800 millions de livres (970 millions d'euros) que les sujets de sa Majesté auraient dû débourser pour acquérir leur carte. Une solution simple à un problème compliqué (cartes d'identité électroniques et passeports biométriques français feront foi!).

Philosophie politique et doctrine budgétaire s'épaulent l'une l'autre : le libéralisme a retrouvé le chemin du pouvoir à Londres.