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Mercredi 22 Fevrier 2017

Les Rased, "des dispositifs aux effets rarement positifs", selon une étude de l’IREDU

Quel est l’impact du passage en Rased (réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté) en CP sur la réussite scolaire des enfants ? Réponse : il n’est que rarement positif. La question est posée par l’Institut de recherche sur l’éducation (IREDU), Université de Bourgogne-Franche-Comté. La réponse est issue de l’une de ses études, réalisée auprès d’un échantillon de 10.000 élèves répartis dans 1.570 écoles publiques ou privées. Revue de détails…

Après avoir rappelé que les Rased, créés en 1990, visent à "apporter des aides spécifiques et différenciées aux élèves signalés en difficulté des écoles maternelles et primaires", les auteurs de l’étude consacrent la première partie à "la difficulté à identifier un effet positif des travaux", comme à celle à cibler les élèves les plus faibles, puis analysent, dans une deuxième partie, les critères de sélection des élèves qui bénéficieront du dispositif (selon leur réussite aux évaluations nationales de début de CP, niveau de langage, compétences sociales, comportement en classe…), et se penchent, en troisième partie, sur l’impact du passage en Rased sur la réussite scolaire, via l’analyse du redoublement du CP puis les résultats aux évaluations nationales de CE2.

Premier constat : l’existence d’un "certain flou" dans les critères d’orientation au sein du Rased : "Ce ne sont pas toujours les élèves en plus grande difficulté scolaire et comportementale qui bénéficient de ce dispositif".

Autre constat : la révélation d’un "effet négatif" du passage en Rased sur la réussite scolaire des élèves : "A caractéristiques comparables, les élèves ayant bénéficié du Rased en CP ont une probabilité plus forte de redoubler leur CP et obtiennent des résultats significativement plus faibles aux évaluations de CE2 par rapport aux élèves non passés par ce dispositif, surtout en mathématiques". Qui plus est, les auteurs notent que cet effet est "particulièrement négatif" pour les élèves qui présentaient à l’entrée du CP des difficultés scolaires et comportementales moindres.

Au final, et après avoir fait le tour des autres études et réflexions sur le sujet, les auteurs concluent que "les programmes d’aide visant à extraire ou cibler de manière spécifique, des jeunes en difficulté ne semblent pas être efficaces". Ils préconisent donc "d’autres programmes permettant un travail avec l’ensemble de la classe, mais adapté aux difficultés des élèves".

Aller plus loin

Accéder à l’étude de l'IREDU

 

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