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Actualités

Mardi 14 Fevrier 2017

Le Gouvernement encourage la diversité dans nos entreprises et startups hexagonales

Des initiatives gouvernementales pour la mixité dans le monde numérique…

Il y a quelques jours la secrétaire d'État chargée du Numérique et de l'Innovation, Axelle Lemaire, signait le "Plan sectoriel mixité dans les métiers du numérique" aux côtés de la ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat Vallaud-Belkacem, et la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits de la femme, Laurence Rossignol. Ce plan, établi avec 15 représentants du monde numérique (comme Tech In France, qui rassemble quelque  400 entreprises françaises, dont Berger-Levrault, ou Cap Digital) vise à promouvoir des initiatives encourageant les femmes à prendre des responsabilités dans le monde digital, et particulièrement dans ses filières techniques. Car si les femmes représentent 37% des salariés des métiers de "l’ingénierie, du numérique, des études et du conseil", elles ne représentent que 27% des effectifs dans le secteur du numérique, fonctions de support comprises (étude OPIIEC de 2014). Ce chiffre tombe à 16% si l’on regarde uniquement les rôles d’ingénieurs. En outre, seulement 10% des entrepreneurs français sont des femmes ! Certes le Gouvernement note de vrais progrès quant à la représentation des femmes dans le monde professionnel (27,2% de femmes dans les entreprises en 2014 contre 25% en 2010, 26% de femmes ont reçu une promotion en 2013 contre 23% en 2010, l’écart de rémunération à poste égal entre un homme et une femme est de 6% en 2013 contre 10% en 2010) mais le secteur du numérique apparaît toujours comme un mauvais élève sur le terrain de la mixité.

Le journal américain de référence sur le monde des startups et du numérique, TechCrunch, affirmait dans un article de la semaine dernière que ce manque de diversité se ressent dès les choix d’études : alors que les femmes représentent 45% des étudiants en sciences, seuls 20% d’entre elles deviennent ingénieurs.

Ainsi l’objectif de ce plan est de sensibiliser à la fois les femmes (pour qu’elles se lancent dans l’aventure entrepreneuriale et numérique) les entreprises et représentants locaux du numérique (pour qu’ils promeuvent la mixité en leur sein) et les acteurs publics, associatifs et privés (qui se mobilisent pour participer à la réponse collective sur cette problématique).

Les mesures allant dans cette direction sont nombreuses : la lutte contre le cybersexisme, la mise en avant de femmes entrepreneurs et des figures de proue féminines du monde digital, le lancement de campagnes de promotion dans les lycées pour encourager les femmes à embrasser des études techniques et technologiques (écoles de code informatique ou de sciences informatiques), la création de véhicules de financement spécifiquement dédiés au soutien de projets portés par des femmes, etc.

… et pour la diversité de nationalités dans l’écosystème des startups

Ce plan de mixité s’ajoute d’ailleurs aux récentes dispositions dans notre pays pour assouplir nos conditions d’accueil des travailleurs étrangers et favoriser l’arrivée de profils divers et variés : le French Teck Ticket (un programme qui octroyait un visa, une aide financière et une assistance pour les démarches administratives) et le visa entrepreneur (French Tech Visa) en sont les représentations les plus parlantes. Ainsi les entrepreneurs qui seront sélectionnés lors de concours de startups, les employés d’une liste de 100 startups françaises définies par le Gouvernement, et les investisseurs travaillant pour des fonds hexagonaux obtiendront tous automatiquement un visa.

Ces mesures de mixité et de diversité sur le marché du travail numérique répondent en fait à une seule et même volonté : accroître l’attractivité et la réussite de nos startups et champions digitaux.

Etude McKinsey : la diversité est un facteur de succès clé pour les entreprises

Pourquoi le Gouvernement français se met-il en marche pour promouvoir la diversité et la mixité dans les entreprises ? Parce qu’il est de plus en plus certain que c’est un véritable accélérateur de succès économique. Au début du mois, le cabinet de conseil McKinsey a ainsi réalisé une étude sur l’impact de la diversité sur les résultats des entreprises ("Why diversity matters") pour tenter d’y voir plus clair. Les conclusions de cette enquête confirment l’intuition générale qui pressent que la diversité a un impact positif sur les performances des entreprises.

En effet, les entreprises classées dans le meilleur quartile pour la diversité de genre, d’origine et d’appartenance ethnique sont beaucoup plus sujettes à des retours financiers bien au-dessus des standards de leur industrie. A contrario les entreprises dans le dernier quartile pour ces trois dimensions de diversité sont statistiquement moins enclines à réaliser des retours au-dessus de la moyenne. 

Si la corrélation n’implique pas forcément un rapport de causalité (plus de diversité de genre et d’appartenance ethnique dans le leadership des entreprises ne se traduit pas automatiquement par plus de bénéfices à la fin), cette corrélation indique cependant que lorsque les entreprises s’attellent à former un leadership mixte, elles ont plus de succès. Intuitivement les entreprises à l’ADN plus divers semblent en position de force pour attirer les meilleurs talents et pour améliorer leur orientation client, leur satisfaction "employés", et leur prise de décision. Ce cercle vertueux sur les retombées économiques a même été quantifié au Royaume-Uni : pour chaque 10% d’augmentation de la mixité dans les équipes dirigeantes, l’entreprise a un bénéfice avant taxe qui augmente de 3,5%.

Ainsi la diversité s’affirme de plus en plus comme un facteur différenciant, donnant un avantage concurrentiel aux entreprises diversifiées qui gagnent ainsi des parts de marché au fil du temps.

Bien sûr il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour obtenir plus de mixité dans les entreprises : les femmes représentent en moyenne seulement 16% des membres des équipes dirigeantes aux Etats-Unis, 12% au Royaume-Uni et 6% au Brésil. Quant à la diversité d'origine, les chiffres sont aussi très bas : au Royaume-Uni, 78% des entreprises ont une équipe dirigeante qui ne reflète pas la composition démographique de la main d'œuvre et de la population nationale, pour 91% au Brésil et 97% aux Etats-Unis.

 

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