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Mardi 14 Janvier 2014

La gestion locale vue par Le Figaro : transparence ou stigmatisation ?

Dans son édition du 10 janvier, Le Figaro magazine publiait les résultats d’une enquête réalisée par Public Evaluation System, présentée comme "l’agence de notation des collectivités locales", sur la gestion de ces dernières – villes de plus de 100.000 habitants, départements régions – au travers de cinq critères, jugés comme "autant d’indicateurs sensibles" : charges de personnel, impôts, dette, dépenses de communication, frais de mission par élu.

D’emblée, le magazine annonce la couleur de son analyse, à charge : "Et ça continue ! Les élus locaux sont les mauvais élèves de la rigueur", dénonçant une envolée des dépenses : 242,5 milliards d’euros, soit "7,2 milliards de plus qu’un an plus tôt (+ 3%)", ainsi qu’un doublement du déficit des administrations publiques locales, "passant de 1,5 à 3,1 millions d’euros".

Le tout au grand dam des associations d’élus qui dénoncent, à leur tour, la méthodologie et l’analyse de l’agence "autoproclamée" de notation et de l’hebdomadaire. Une méthodologie "sujette à caution dans la mesure où les chiffres publiés agglomèrent les budgets communaux et intercommunaux, sans l’afficher clairement. Ce qui a pour conséquence d’accroître artificiellement les données budgétaires par habitant".

Parmi les critères retenus comme sensibles par Le Figaro, l’Association des maires de France (AMF), l’Association des maires des grandes villes de France (AMGVF), l’Association des petites villes de France (APVF) et l’Association des communautés urbaines de France  (ACUF) "pointent un certain nombre d’erreurs".

Sur les dépenses de personnel, qui, selon l’hebdomadaire, évoquant le rapport de la Cour des comptes d’octobre dernier, dérapent ("Dans de nombreuses communes, elles dépassent allègrement les 50%", ajoute l’article), les élus soulignent que "les coûts varient considérablement selon que les services sont gérés directement par les collectivités ou externalisés, et leur comparaison ne permet d’en tirer aucune conclusion sérieuse".

Sur les impôts locaux, que Le Figaro qualifie de "toujours plus" et présente comme source de "la grogne des contribuables […] dont ils contestent aussi l’usage", les élus répondent : "Contrairement à ce qui est annoncé, la révision des valeurs locatives ne rapportera aucune recette complémentaire aux communes, puisque cette réforme se fera) produit fiscal constant pour les collectivités et permettra une répartition plus juste de l’impôt".

S’agissant de l’endettement des collectivités, "sur la mauvaise pente", selon Le Figaro, les élus rappelle le respect, par celles-ci, de la "règle d’or" qui "les conduit, à la différence de l’Etat, à ne recourir à l’emprunt que pour les besoins exclusifs de financement d’équipements dont la durée de vie profite à plusieurs générations de contribuables".

Quant aux frais de communication, annoncés par l’hebdomadaire comme directement liés aux "petits fours et feux d’artifice", les quatre associations dénoncent les termes de l’addition effectuée par l’étude, qui reprend "les données comptables du compte 623 dans lequel on peut trouver des dépenses qui ne concernent pas la communication (protocole, gardiennage, publications légales…)".

Aller plus loin

L’article du Figaro magazine

Le communiqué des associations d’élus

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