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Mercredi 22 Mai 2013

Zéro pointé pour l’Education nationale et sa gestion des enseignants

Dans son rapport "Gérer les enseignants autrement", rendu public aujourd’hui, la Cour des comptes dresse un double constat d’échec : "L’Education nationale ne parvient pas à répondre aux besoins des élèves. (…) Elle ne parvient pas davantage à répondre aux attentes des enseignants", ce, malgré la mise en œuvre de "moyens globaux comparables, voire supérieurs, à ceux de pays qui assurent mieux la réussite de leurs élèves". D’après la Cour, "ces résultats insatisfaisants ne proviennent ni d’un excès ni d’un manque de moyens budgétaires ou d’enseignants, mais d’une utilisation défaillante des moyens existants".

Ce qui pose problème, en fait, aux yeux des Sages de la rue Cambon, c’est la gestion des enseignants, qui se caractérise "depuis de nombreuses années par de multiples dysfonctionnements", avec des conséquences concrètes, tant au niveau des élèves qu’à celui des enseignants : pour les premiers, des résultats médiocres (notre pays se situe au 18e rang de l’OCDE pour la performance de ses élèves) de plus en plus liés à leurs origines socio-économiques ; pour les seconds, une inquiétante crise d’attractivité du métier (en 2011 et 2012, plus de 20 % des postes proposés au concours du CAPES externe n’ont pu être pourvus dans six disciplines, dont l’anglais et les mathématiques).

Quant au diagnostic, la Cour pointe du doigt un "décalage entre les règles de gestion et la réalité du métier des enseignants". C’est ainsi que la ministère de l’Education nationale n’a pas, selon elle, tiré les conséquences de la reconnaissance par la loi, depuis 1989, du "caractère global des missions des enseignants, qui va bien au-delà des heures de cours" en ce qui concerne la définition de leur temps de service, en ne prenant en compte que la mission de "faire cours".

Autre grief à l’encontre du ministère : il "ne sait pas mesurer les besoins scolaires des élèves, de façon fiable et représentative pour en tirer les conséquences sur les moyens à mettre en œuvre au sein de chaque établissement".  D’où une répartition "uniforme et inégalitaire" des postes d’enseignants sur le territoire, ne tenant compte que partiellement des difficultés des élèves.

En outre, et de façon plus globale, "la prise en compte du mérite dans la rémunération des enseignants est particulièrement faible pour des cadres de la fonction publique". L’avancement à l’ancienneté reste privilégié. Ce, au détriment des jeunes enseignants et des "postes les plus sensibles pour les élèves".

Côté rémunération, elle est inférieure de 35 % à celle d’un cadre non enseignant de la fonction publique, alors que les enseignants appartiennent aux catégories A et A+. Le choix ayant été fait de "favoriser le nombre d’enseignants plutôt que le niveau de leur rémunération".

Au final, la Cour formule une série de recommandations s’articulant autour de quatre axes : redéfinir le métier enseignant en adaptant en particulier les obligations réglementaires de service ; mieux valoriser les ressources humaines, au niveau individuel et des équipes ; affecter les enseignants en fonction de la réalité des postes et des projets d’établissement ; assurer une gestion de proximité.

Aller plus loin

Accéder au rapport, à la synthèse et aux fiches

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