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Lundi 24 Fevrier 2014

Le vote blanc comptabilisé … à partir du premier avril !

Le  21 février, le Parlement a adopté un projet de loi qui vise à instaurer le décompte des bulletins blancs. L’article 1er de cette loi dispose que les bulletins blancs « n'entrent pas en compte pour la détermination des suffrages exprimés, mais il en est fait spécialement mention dans les résultats des scrutins. ». Cette disposition fait suite à la proposition de loi centriste adoptée le 12 février dernier. Toutefois, cette loi ne sera appliquée que le premier avril prochain, soit après les élections municipales, et ne s’appliquera pas aux élections présidentielles. Effectivement, le président doit être élu à la majorité et donc obtenir plus de 50 % des voix. Le décompte des bulletins blancs fausserait ce processus puisque qu’un candidat pourrait obtenir plus de votes qu’un autre sans pour autant dépasser le seuil des 50%.

Les défenseurs du vote blanc saluent une avancée, un acte qui permettra au citoyen de sanctionner un choix politique qui ne lui convient pas et d’exprimer son refus de s’y soumettre. On y voit aussi la possibilité de réconcilier avec les urnes certains électeurs qui désespéraient que leurs voix mécontentes soient entendues. D’autres y voient un moyen pour les grands partis, en difficulté ces temps-ci, de créer un pare-feu, un système qui pousserait les électeurs à effectuer un vote blanc plutôt que de se tourner vers les extrêmes.  Le fameux vote de contestation ne s’exprimerait plus par un vote en direction des partis populistes, mais bien par un bulletin blanc comptabilisé. Pourtant, dans les pays d’Europe qui ont déjà instauré le décompte des votes blancs, comme l’Espagne ou les Pays-Bas, on s’aperçoit que les élections  n’ont pas été affectées par cette mesure. De plus dans nombre de ces pays les partis et candidats indépendantistes ou populistes se portent biens.

Le décompte des votes blancs serait-il un aveu d’échec de notre système politique ? Cette décision est en tout cas loin d’être anodine : c’est la première fois que le droit de ne pas choisir entre plusieurs candidats est reconnu. Pourtant l’éventail des partis et candidats est assez large en France. Il est difficile de dire également si cette nouvelle mesure pourrait réduire les taux d’abstention toujours très importants, autour de 55% lors du second tour des élections cantonales de 2011.

Aller plus loin :

Loi n° 2014-172 du 21 février 2014 visant à reconnaître le vote blanc aux élections

A. Lacheret, Vote blanc: la fausse bonne idée ?, La Tribune

Les taux d'abstention aux élections politiques et administratives sous la Ve République, France-politique.fr

G. Gautier, Vote blanc : la nouvelle loi est insuffisante. Il faut responsabiliser nos politiques, Le Nouvel Observateur

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