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Lundi 06 Fevrier 2017

Visa startups, attractivité financière et Facebook : la France se donne les moyens de ses ambitions

Le French Tech Visa pour soutenir les startups françaises dans leur recrutement…
 
Alors que le monde s’indigne de la politique d’immigration américaine dessinée par Donald Trump, la France prend le contrepied total en choisissant d’assouplir ses conditions d’accueil avec la création d’un visa entrepreneur. D’ailleurs cette décision est dans la continuité des développements politiques de ces dernières années comme le rappelle TechCrunch, la publication de référence sur la technologie et les startups : "en 2015, le Gouvernement français lançait déjà le French Tech Ticket, un programme qui comprenait un visa, une aide financière et une assistance pour les démarches administratives. Jusqu’à aujourd’hui deux séries de startups ont d’ailleurs choisi de passer du temps en France". Mais si vous étiez un super ingénieur, un talentueux designer ou un investisseur, le French Tech Ticket ne vous couvrez pas vraiment, et c’est aujourd’hui chose faite grâce au French Tech Visa.
 
Si vous venez d’un pays membre de l’Union européenne, vous n’avez pas besoin de visa, et si vous êtes ressortissant d’un pays extérieur alors vous pouvez postuler à une procédure rapide qui concerne aussi votre famille (éligibilité familiale sans quota). Selon votre catégorie d’emploi, le French Tech Visa prévoit des aménagements différents :
-               pour les entrepreneurs : des concours de startups seront organisés et tous les sélectionnés obtiendront un visa
-               pour les employés : le Gouvernement français va publier une liste des 100 principales startups françaises (cette liste n’est pas encore finie) et toute personne embauchée par l’une de ces jeunes pousses obtiendra automatiquement un visa. C’est une superbe opportunité pour les ingénieurs, designers et autres développeurs venant de pays étrangers de trouver de bonnes conditions pour s’installer en France. En ce qui concerne les autres entreprises technologiques, celles qui ne sont pas dans cette liste, leurs employés pourront postuler à un "passeport talent" qui est aussi relativement récent : toute personne pouvant justifier de ses compétences techniques, artistiques ou scientifiques se verra offrir un visa
-               pour les investisseurs : ils obtiennent un visa dès lors qu’ils travaillent pour un fonds d’investissement français ou pour un fonds de capital risque international qui s’étend en ouvrant un nouveau bureau en France.
 
C’est une très belle idée tant l’écosystème des startups françaises est devenu attractif mais aussi compétitif, renforçant la difficulté de trouver certains profils (notamment techniques) pour répondre aux besoins de ressources humaines toujours plus importants de nos jeunes pousses en pleine croissance.
 
… alors que notre pays confirme son attractivité financière en Europe…
 
Selon une nouvelle étude de la société de conseil Clipperton, les investissements dans les startups européennes l’an dernier ont atteint les 12 milliards de dollars malgré les craintes de ralentissement notamment dû à l’incertitude du Brexit. Et si le Royaume-Uni continue de dominer la scène européenne en attirant le plus d’investissements en Europe (4,1 milliards de dollars en 2016), le rapport note un très fort momentum en France avec une augmentation de 22% des montants investis par rapport à 2015 (pour atteindre 2,7 milliards de dollars). D’ailleurs, trois des cinq plus importants investissements faits en Europe l’année passée concernent des startups françaises : le fournisseur d’hébergement web et de Cloud Computing "OVH", la solution de réseau bas débit pour les objets connectés "Sigfox" et le constructeur d’enceintes haut de gamme "Devialet" (les deux autres startups complétant ce top 5 sont britanniques, à savoir l’entreprise de livraisons de repas Deliveroo et l’entreprise de séquencement d’ADN Oxford Nanopore).
 
Sur le détail de ces transactions financières, il est intéressant de noter que le volume des « petits investissements » (moins de 30 millions de dollars) a énormément augmenté, suivant une tendance opposée à celle des plus larges tickets. Résultat, il y a eu 943 investissements de sommes comprises entre 1 million et 10 millions de dollars (une hausse de plus de 50% par rapport à l'année précédente) atteignant un total de 3,6 milliards de dollars, soit le même total que la somme des moins nombreux gros tickets investis dans la même période (les investissements compris entre 10 millions et 30 millions de dollars).
 
Ainsi il semble que les investisseurs en Europe soient en train de diversifier leur risque, pariant de petits montants sur un très grand nombre de jeunes pousses. Cela aura certainement des effets de poursuite d’investissements au cours de cette année 2017, comme le rappelle cette enquête Clipperton : "le nombre de transactions a augmenté de 40% par rapport à l’année précédente, indiquant que le nombre de très gros deals sera assez faible dans le futur proche mais aussi qu’un très grand nombre de startups sera dans l’obligation de faire de nouvelles levées de fonds dans les 12-18 mois qui viennent, pour compléter leurs faibles tours de table actuels".
 
… et accueille un nouveau programme du géant américain Facebook
 
Dans le même temps, Facebook vient de confirmer le lancement d’un programme d’accompagnement de startups qui prendra ses quartiers dans les locaux de l’incubateur géant de Xavier Niel, la Station F. Si l’on sait pour l’instant peu de choses sur ce programme, cette annonce de la directrice adjointe de Facebook Sheryl Sandberg a eu des échos dans le monde entier : après avoir installé à Paris son premier laboratoire d’intelligence artificielle loin du sol américain, Facebook adoube une nouvelle fois notre écosystème d’innovation avec ce programme. Attractivité financière, attractivité auprès des géants américains et assouplissement des conditions d’obtentions de visa pour les architectes de l’innovation : voilà un cercle vertueux qui renforce notre stature sur la scène internationale.

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