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Vendredi 15 Mars 2013

Les villes et territoires doivent se préparer au vieillissement de la population

En 2035, un Français sur trois aura plus de 60 ans, la population des plus de 80 ans aura doublé. Si cette révolution de l’âge est une chance pour la France, elle n’en constitue pas moins un défi majeur pour notre société qui doit s’y adapter dès à présent. C’est dans cette perspective que le Gouvernement va engager un travail interministériel pour l’élaboration d’un projet de loi d’adaptation de la société au vieillissement, qui devrait être prêt d’ici la fin de l’année.

Pour ce faire, il s’appuiera notamment sur trois rapports qui viennent d’être remis par leurs auteurs au Premier ministre : le premier sur "anticipation-prévention", par le docteur Jean-Pierre Aquino, président du comité Avancée en âge, qui préconise, entre autres, le développement d’une culture de prévention et de dépistage ; le deuxième sur l’adaptation de la société française au vieillissement de la population, par Luc Broussy, conseiller général du Val-d’Oise, qui propose d’y adapter les logements, les villes et les territoires et de développer les technologies au service des plus âgés ; le troisième étant le fruit d’une mission parlementaire de « benchmarking » confiée à Martine Pinville, députée de la Charente, visant à identifier les pratiques innovantes d’autres pays.

S’agissant des territoires, Luc Broussy fait le constat qu’ils "ne vieilliront pas de façon homogène. Déjà, en 2012, le pourcentage des personnes âgées de 60 ans ou plus peut varier du simple au double : 34,7 % des la population de la Creuse et 15,7 % en Seine-Saint-Denis". Le conseiller général note que les territoires, demain comme aujourd’hui, "auront à affronter des défis différents selon l’ampleur de leur vieillissement et/ou de leur gérontocroissance". Et d’ajouter : "A l’horizon 2030, la France va se dessiner autrement. Là aussi, anticiper ces évolutions permettra de s’y adapter plutôt que les subir. Car le vieillissement peut être une véritable opportunité économique locale". Pour autant, conclut Luc Broussy, "cette nouvelle carte de France obligera les territoires à instaurer entre eux des modalités de solidarité autrement plus développées qu’aujourd’hui".

"Des politiques qui s’adaptent aux réalités locales", "une obligation renforcée de solidarité entre les territoires", voilà bien deux impératifs qui, aux yeux de Luc Broussy, doivent accompagner une "grande politique ambitieuse d’adaptation de la société française au vieillissement". La future loi de décentralisation devra en tenir compte et répondre au souhait des Français d’un équilibre entre la possibilité pour les départements d’adapter aux réalités locales des "politiques publiques structurantes" définies par l’Etat, ce, pour un traitement non différencié sur l’ensemble du territoire. "Sur tous les domaines de ce rapport, la problématique est souvent la même : les acteurs de terrains, dont font partie les collectivités locales, attendent de l’Etat une impulsion qui, ensuite, puisse être appliquée localement en prenant en compte les caractéristiques différentes des territoires".

Quant à l’obligation renforcée de solidarité financière entre départements, nécessité par l’inégalité des territoires, elle devra concerner non seulement le financement de l’allocation personnalisée à l’autonomie, qui souffre aujourd’hui d’une insuffisante péréquation, mettant en difficulté les départements "vieux et pauvres", mais aussi le domaine des transports "lorsqu’on sait que la carte des territoires qui connaîtront la plus forte croissance de personnes âgées correspond aux régions les moins dotées en réseaux ferroviaires".

Aller plus loin

Pour télécharger les rapports et le dossier de presse

 

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