Imprimer

A la une

Vendredi 26 Avril 2013

Les treize propositions du CSFPT pour sauver la médecine territoriale

Trois formations spécialisées du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT), réunies dans un groupe de travail, ont cherché à expliquer la pénurie des médecins territoriaux. Leur analyse est publiée sous la forme d’un rapport, présenté au cours de la séance plénière du 24 avril. Treize propositions y sont formulées, "dont certaines pourraient être mises en place rapidement", souligne le CSFPT, qui insiste également sur la "nécessaire volonté que doivent avoir les pouvoirs publics afin de privilégier la santé publique et sauver la médecine territoriale".

Dans leur introduction, les auteurs du rapport tiennent à repositionner le débat sur le statut des médecins territoriaux "dans le cadre plus général de l’évolution de la santé". Pourquoi ? Parce que "la question du devenir des médecins territoriaux est indissociable de la question de la médecine ambulatoire publique, de l’accès aux soins, de la prévention et de la sécurité au travail". Selon eux, "trois points doivent être pris en compte : la désertification médicale, les inégalités de santé et la question des parcours de soin".

Le rapport relève, en outre, que "le nombre de médecins a baissé légèrement pour la première fois (en 2012)". Une situation qui devrait perdurer pendant cinq ans. Autre constat : la détérioration du ratio médecin/population, à mettre en parallèle avec l’allongement de la durée de vie et l’augmentation du nombre de naissances, mais aussi avec l’accroissement des pathologies chroniques, les inégalités d’accès liées au reste à charge financier. D’où l’enjeu du développement de la médecine publique ambulatoire, représentée par la médecine territoriale (centres de santé, PMI et SDIS)

Suit une série de statistiques sur l’état des effectifs : 5.278 médecins, dont 3.050 titulaires et 2.228 non titulaires sur emploi permanent, au 31 décembre 2009 versus 5.103, dont  3.232 titulaires et 1.871 non titulaires au 31 décembre 2007. Il apparaît donc que le poids des non titulaires est passé, en deux ans, de 37,3 % à 42,2 %. Quant à l’avenir, le rapport souligne qu’en 2020, 66% des titulaires auront atteint l’âge moyen de départ à la retraite.

S’agissant des missions des médecins territoriaux figurant dans le décret n° 92-851 du 28 août 1992, le CSFPT suggère un certain nombre de modifications touchant notamment à leurs missions de contrôle, leur association à l’enseignement, à la formation et à la recherche, l’encadrement des équipes médico-sociales et la direction des services, leur participation à la protection de l’enfance, leur capacité à exercer une médecine de soins et de prévention dans le cadre de l’ensemble des structures de santé et médico-sociales gérées par les collectivités territoriales, leur capacité à exercer des missions de médecine professionnelle et de prévention

Au final, le rapport formule treize propositions susceptibles, d’une part, de rendre la profession plus attractive et, d’autre part, en faciliter l’accès "tout en permettant un déroulement de carrière serein et adapté, en homologie avec leurs confrères de la fonction publique territoriales". Moyennant cet avertissement : "Aujourd’hui, la médecine territoriale va mal. Sans décision rapide, elle est condamnée à disparaître ».

Aller plus loin

Le rapport médecins territoriaux du CSFPT 

ShareThis
Connexite Premium

Publicité