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Mardi 03 Mai 2016

La transformation numérique des administrations françaises: une trajectoire prometteuse et un enjeu RH

Le 19 avril dernier, la Commission Européenne a publié son Plan d’action européen 2016-2020 pour l’administration en ligne. S’ouvrant sur une apologie du digital et la mention des résultats de la précédente feuille de route 2011-2015, le texte introduit sept principes d’action pour accélérer la mutation numérique des administrations publiques :

  • Le numérique par défaut : privilégier la voie électronique pour les démarches administratives,
  • Le principe d’une fois pour toute : demander une même information une fois, et seulement une fois, à un citoyen ou entreprise,
  • Le caractère inclusif et l’accessibilité : adapter par défaut les services numériques aux besoins des personnes âgées, handicapées ou ayant tout type de besoins particuliers,
  • L’ouverture et la transparence : permettre à chacun de voir, contrôler et rectifier ses propres données et de suivre les procédures administratives qui les concernent,
  • Transfrontières par défaut : rendre disponible les services publics numériques pertinents au-delà des frontières,
  • Interopérabilité par défaut : concevoir des services publics opérationnels en continu sur l'ensemble du marché unique,
  • Fiabilité et sécurité : créer des services à la pointe en matière de sécurité des données.

Pour une fois, selon Bruxelles, la France est le bon élève de la classe

A la lecture des principes opérationnels énoncés par la Commission nous pouvons penser que la France est sur la bonne voie. En effet, comme le rappelle le Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron : "plus de la moitié des citoyens Français (53%) paient leurs impôts sur Internet, 93% effectuent leur demande d’extrait de casier judiciaire en ligne et plus de 80% des agriculteurs effectuent des demandes d’aide au titre de la Politique Agricole Commune (PAC) via Internet". De plus, rappelons-nous que l’ONU avait distingué la France l’année dernière comme étant le premier pays Européen en matière d’administration numérique (au quatrième rang mondial derrière la Corée du Sud, l’Australie et Singapour).

Une réalité troublante lorsqu'elle est mise en regard du sondage Ifop de 2015 qui fait valoir que 8 français sur 10 jugent la réforme de l’Etat insuffisante et inefficace ou encore de l'image conservatrice de nos gouvernants vis-à-vis des enjeux du monde digital. Certes, la réputation de lourdeur de la machine administrative française n'est  pas facile à faire évoluer ! Raison de plus pour souligner et encourager ce genre cet élan technologique.

Le rôle du geek, un enjeu RH clef pour nos administrations

S’il est capital que nos administrations poursuivent et renforcent cette stratégie numérique, il est tout aussi important qu’elles communiquent à ce propos pour alimenter la motivation de ses responsables techniques et attirer les talents extérieurs pouvant accélérer et accompagner la mutation en cours. EMC, un leader mondial dans la mise en place de services informatiques et techniques, s’est penché sur le secteur public britannique pour une étude dont les résultats pourraient très bien trouver écho en France.
Ainsi, la plupart des employés des services informatiques du secteur public avouent avoir eu envie de postuler dans le secteur privé ou l’ont même fait dans les 12 mois précédents (66%). Les principaux motifs d’insatisfaction étant la rémunération (63%), des perspectives de carrière limitées (45%) ainsi que, last but not least, le manque d’opportunités permettant de démontrer ses compétences personnelles (35%). A l’aune du plan dressé par la commission européenne et des déclarations ambitieuses d’Emmanuel Macron, il ne fait aucun doute que les administrations françaises auront grand besoin des compétences, de la créativité et de la motivation de son personnel technique. De manière logique, l’étude d’EMC débouche sur un constat limpide : sans les talents nécessaires, les services publics ne pourront répondre aux attentes de Bruxelles, du gouvernement et des citoyens.


Alors, vers une revalorisation du geek dans le secteur public ? Un point clé très certainement
 

Aller plus loin 
Plan numérique de la commission européenne
Classement de l’ONU sur les administrations numériques (en anglais)
Compte-rendu de l’étude EMC (en anglais)

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