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Mardi 04 Octobre 2016

Les startups : un sujet pour l’élection présidentielle de 2017, un enjeu pour la France


Le France Digital Day : un congrès d’échange sur le numérique et de lobbying politique

Le 29 septembre, France Digitale organisait son congrès annuel à la Villette à Paris, le France Digital Day, permettant aux participants de discuter des problématiques, enjeux et perspectives du numérique dans notre pays. Créée en 2012, France Digitale est une association réunissant les principaux acteurs de l'écosystème du numérique français (entrepreneurs, investisseurs et influenceurs) pour promouvoir leurs activités, rôles et besoins auprès des pouvoirs publics. En plus de cette dimension de lobbying politique, il y une volonté affirmée de tisser des liens entre différents acteurs de notre économie pour créer des synergies et de la valeur pérenne. Voir à ce sujet les propos du président et co-fondateur de Priceminister, Olivier Mathiot, relayés par Les Echos: “France Digital Day a deux buts : d'abord influencer, faire du lobbying, brasser des idées ; ensuite, animer le réseau, faire se rencontrer les gens. A cela, s'ajoute un troisième élément : les grands groupes qui viennent ici renforcer leurs liens avec les startups. Les grands ont besoin des startups pour accélérer leur transformation digitale. Et les startups ont besoin des grands groupes parce qu'ils ont de gros moyens financiers et des compétences”.

Alors que l’élection présidentielle de 2017 se profile à l’horizon, des personnalités politiques de premier rang étaient invitées à prendre la parole lors de ce congrès: Alain Juppé, François Fillon et Axelle Lemaire. Ainsi Alain Juppé, candidat à la primaire à droite, a voulu immédiatement rassurer son auditoire en affirmant qu’il n’est “pas question de remettre en cause la French Tech et BPI France si la droite revient au pouvoir”. De plus s’il est élu, il souhaite baisser le niveau d’impôt sur les sociétés à 24% et “soumettre une loi de programmation fiscale quinquennal pour donner de la visibilité sur 5 ans”. En effet la fiscalité est l’un des freins les plus souvent cités par les entrepreneurs français comme étrangers lorsqu’ils étudient l’hypothèse de créer leur entreprise sur notre territoire: aucun doute que cette promesse du maire de Bordeaux contribuera à assurer sa popularité auprès des entrepreneurs. Sur le volet fiscal, François Fillon, autre candidat à la primaire à droite, a lui aussi pris parti en s’exprimant en faveur d’une suppression de l’impôt sur la fortune et d’une défiscalisation des investissements des petites et moyennes entreprises. Il a également traité un autre frein majeur à la création d’entreprise en France: la non-flexibilité du droit du travail. Ainsi il se positionne pour “supprimer la durée légale du travail par l'Etat, qu'elle soit négociée par les entreprises”. Sur le droit du travail, la secrétaire d’Etat chargée du Numérique et de l’Innovation, Axelle Lemaire, a elle défendu la loi gouvernementale dite “loi travail” qu’elle considère comme pertinente et adaptée aux problématiques des entreprises digitales. Sur le plan fiscal, elle a aussi affirmé que “le compte investisseur verra le jour”, ce qui donnerait évidemment un bon coup de pouce à l’écosystème numérique français (le compte entrepreneur-investisseur est un dispositif qui vise à alléger la fiscalité pour les business angels, et encourager ainsi l’investissement dans les startups innovantes).

Le projet “Hackons la présidentielle” et les principales demandes de France Digitale pour un enjeu de taille

Les différents sujets traités par Alain Juppé, François Fillon et Axelle Lemaire leur ont été soumis par France Digitale qui a mené un véritable travail d’enquête auprès de très nombreux acteurs de l’écosystème entrepreneurial français. Ainsi à l’occasion du France Digitale Day, la co-fondatrice de Daphni (un fonds de capital-risque lancé en 2015) a présenté le projet “Hackons la présidentielle”. Comme elle l’explique dans Challenges, ce projet veut “imposer nos sujets sur l’entrepreneuriat et le numérique dans les débats de la présidentielle. Nous avons fait un tour de France des entrepreneurs afin de recenser leurs propositions pour former les futurs salariés ou mieux financer les entreprises tech”. C’est ce tour d’écoute des entrepreneurs français qui a dégagé deux sujets urgents et nécessaires: “ d’abord, il faut mettre en place un mécanisme pour mobiliser l’épargne des Français. Aujourd’hui, celle-ci est dans l’assurance-vie et les livrets, alors qu’elle devrait aller vers les entreprises. Ensuite, notre système éducatif doit donner davantage un esprit entrepreneurial, une capacité à se relever quand on tombe et à apprendre tout au long de la vie”. Si la composante éducative est ici abordée au sens de la volonté d’entreprendre et de la résilience à l’échec, il ne faut pas oublier la dimension des compétences: faire entrer le numérique à l’école, par exemple via des cours de code ou des analyses historiques des grands succès entrepreneuriaux récents comme Facebook ou Google. Ce sont ces trois piliers, la fiscalité, le droit du travail et l’éducation, qui installeront durablement la France comme une terre propice pour les startups et un nouveau coeur de l’économie digitale du futur.

C’est un enjeu économique énorme puisque comme le Gouvernement l’illustre sur son site officiel, les startups innovantes sont des acteurs clefs de notre présent et de notre avenir: “le numérique représente déjà 5,5% du PIB français. Aussi dans les startups numériques en France, 87% des contrats sont des CDI. Il faut donc structurer l'écosystème français numérique et lui permettre de gagner en visibilité sur la scène économique internationale. Attirer aussi les investisseurs et tout faire pour que les prochains Google naissent en France et le restent". Tels sont l’ambition, l’enjeu et les conditions de succès pour la France numérique maintenant, en 2017 et bien longtemps après.

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