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Mardi 16 Aout 2016

Soutenu par les autorités nationales et locales, la French Tech avance à grands pas

La French Tech : le choix du "développement labellisé" et du maillage territoriale

Le 25 juillet dernier le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron, ainsi que la secrétaire d’État chargée du numérique, Axelle Lemaire, se retrouvaient à Laval pour un festival de réalité virtuelle. A cette occasion, les deux fers de lance politiques de la French Tech en ont profité pour officialiser Laval comme un nouveau pôle de la French Tech, et pour annoncer la création de neuf "réseaux thématiques".

Ces thématiques, qui ont d'ailleurs souvent été abordées sur connexité.fr, sont :
1) HealthTech, BioTech, MedTech, e-santé : toutes les initiatives de santé et bien-être, l'essor des biotechnologies et le développement de la "silver economy" (l'économie générée par le vieillissement des populations).
2) IoT, Manufacturing : l'Internet des objets et la robotique.
3) EdTech, Entertainment : les projets innovants dans l'éducation et les industries culturelles et créatives.
4) CleanTech, Mobility : les avancées en technologies vertes et le développement durable.
5) FinTech : les innovations dans les secteurs de l'assurance, de la finance, de la banque et du blockchain.
6) Security, Privacy : les outils et services de sécurité numérique et physique.
7) Retail : les startups sur les créneaux du commerce et e-commerce, de la distribution et de l'économie collaborative.
8) FoodTech : les initiatives dans les industries agroalimentaires et la restauration.
9) Sports : les projet de coaching et d'événementiel sportif.

En effet, le Gouvernement a choisi un système de labellisation pour rassembler géographiquement les entrepreneurs et projets par thématique: ainsi en 2015 nous avions déjà la Culture à Avignon, l'Internet des Objets à Angers, la Medtech ou e-santé en Alsace, et encore le Design à Saint-Étienne. Pour le Gouvernement, ce maillage territorial thématique précis permet de créer des écosystèmes locaux très spécialisés et compétents, avec des acteurs ayant un fort potentiel de synergie entre eux.

En plus de ces réseaux thématiques, la French Tech s'organise autour de "Métropoles French Tech" qui s'affirment comme des territoires propices à la création d'entreprises, au développement dynamique d'innovations, notamment en s'impliquant dans la mise en place d'infrastructures destinées à l'entrepreneuriat. Lors de sa présence à Laval, Emmanuel Macron a confirmé la reconduction de ce label qui concerne déjà 13 métropoles dont Bordeaux, Lille et Lyon.

Enfin, ce maillage français a des ramifications à l'étranger avec aujourd'hui 12 Hubs French Tech partout dans le monde pour promouvoir les startups françaises au niveau international (San-Francisco ou Barcelone sont notamment concernées).

L'objectif de ce complexe système de labellisation et de maillage territorial thématique est d'accompagner les dynamiques régionales (et les startups qui en bénéficient) dans la compétition mondiale. Comme Emmanuel Macron l'explique, « il faut laisser les champions réussir, aller le plus loin possible dans la compétition internationale, mais il y a aussi dans le même temps de l'excellence et de l'innovation que nous devons identifier sur l'ensemble de notre territoire ».

Un nouveau bilan de la French Tech: l'argent comme nerf de la guerre et un "softpower" qui s'affirme

Lors de ce festival "Laval Virtual", Emmanuel Macron et Axelle Lemaire ont profité de l'occasion pour dresser un bilan de la French Tech et particulièrement de la dimension financière de cette initiative. Du côté positif, 655 bourses "French Tech" d'un montant compris entre 10.000 et 30.000 € ont été allouées en 2015 (17 M€ au total) et principalement pour des projets innovants articulés autour du digital (près de deux tiers des projets). En deux ans, plus de 1.000 entrepreneurs ont été financièrement soutenus et cela partout sur le territoire national (contrairement à une crainte générale, l’île-de-France a laissé de la place aux autres en captant environ 39% des aides). De nombreux acteurs peuvent ainsi se développer, tout en espérant l'émergence de champions nationaux comme ce fut déjà le cas: 5 startups françaises ont déjà réussi une levée de fonds supérieure à 100 M€.

Si les progrès sont indéniables, il y a toujours un long chemin financier à parcourir et tout dépend si l'on choisi de regarder le verre à moitié vide ou à moitié plein. Par exemple le site Maddyness rapporte les propos d'Emmanuel Macron qui affirme qu'en 2016 "la France est devenue le premier pays d’Europe en nombre d’opérations d’investissement en capital-risque. Et le montant des financements levés en capital-risque en France a bondi de 100% entre 2014 et 2015, passant de 1 à 2 Md€". Il parle de nombre d'opérations: voilà pour le verre à moitié plein. Si l'on parle de volumes et montants, on voit le verre à moitié vide: le "digital champion" de la France auprès de l'UE Gilles Babinet rappelle dans Challenges que "la France ne représente que 13% du montant total des fonds de capital-risque levés en Europe, contre 33% pour le Royaume-Uni".

Ce qui est certain, c'est que le "softpower" de la French Tech est de plus en plus fort dans le monde: les startups françaises sont très représentées dans les grands événements internationaux (au CES de Las Vegas par exemple), des personnes influentes affirment leur foi dans la French Tech (John Chambers le patron de Cisco et sa fameuse phrase "France is the next big thing"), l'émergence de véritables champions nationaux (Blablacar par  exemple), etc. La French Tech fait donc parler d'elle en bien mais aussi en mal, comme cet article assassin de Jon Evans pour Tech Crunch nous le rappelle. Mais comme le disait Victor Hugo: "être contesté, c'est être constaté"... La scène entrepreneuriale française est constatée, et c'est déjà une preuve forte que la French Tech avance.

 

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