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Mardi 22 Novembre 2016

Le softpower de l’écosystème français d’innovation se propage dans le monde

La French Tech et ses programmes reçoivent des lauriers indiens

La rencontre à Bangalore entre les représentants de Startup India et ses homologues de la French Tech la semaine dernière a mis en lumière une vraie différence d’attitude entre les deux écosystèmes. Lors d’une table ronde au Nasscom Product Conclave, les représentants français voulaient expliquer comment les startups indiennes peuvent obtenir une place dans un programme d’incubation à Paris, donnant un accès aux marchés européens. En réponse, les représentants de Startup India demandèrent si cela serait compensé par la venue en Inde de startups françaises.

Devant cette réponse, un entrepreneur indien présent dans la délégation française (puisqu’ayant fait le choix de créer son entreprise dans l’Hexagone), Mani Doraisamy a répliqué : “Existe-t-il en Inde des programmes solides comme en France pour accueillir des jeunes pousses étrangères ? ʺ Ce co-fondateur de Guesswork startup proposant un moteur de recommandation pour les nouveaux utilisateurs sur les sites de e-commerce, a ensuite enchaîné en décrivant  à quel point la French Tech a rendu les choses simples et faciles pour qu’il puisse installer son activité à Paris : “Si vous êtes sélectionné par l’accélérateur Y combinator dans la Silicon Valley, vous devez tout de même obtenir un visa américain avant de pouvoir y aller. Alors qu’en France, une fois que vous avez été sélectionné la French Tech s’occupe de tout, du visa startup au certificat de résidence en passant par le soutien financier”.

Guesswork fait partie des 23 jeunes pousses technologiques étrangères qui sont actuellement à Paris dans le cadre du programme French Tech Ticket. Le Gouvernement français organise et encadre ce programme avec des entreprises privées et des incubateurs, d’où la facilité d’entrée et la simplification des démarches administratives. Pour la prochaine saison du programme, 70 startups sont sélectionnées parmi les 1.200 qui postulent (et le plus grand nombre de candidatures concerne des startups indiennes). Pour Guesswork le “timing” du programme French Tech Ticket était parfait. En effet ses consommateurs historiques étaient principalement concentrés en Inde et en Asie du Sud-Est, et le déménagement temporaire de l’entreprise à Paris offre une vraie opportunité de “convaincre et démarcher les sites d’e-commerce européens pour qu’ils utilisent notre produit”. Être soutenu en France est aussi très rassurant et utile puisque cela permet de mieux appréhender les processus de business qui sont sensiblement différents : par exemple en Inde les cycles de ventes sont très courts, les sites d’e-commerce étant aussi des startups. A contrario en Europe, Mani doit apprendre à faire avec les cycles beaucoup plus lents des acteurs établis de l’e-commerce (Zalando, Ventes-Privées, etc.). Mais comme il l’affirme avec optimisme, “c’est difficile pour nous de rentrer dans le paysage européen, mais une fois que nous serons à l’intérieur, le business sera très probablement plus stable et lucratif qu’en Asie”.

Aussi, la barrière de la langue a toujours poussé les startups asiatiques à choisir le Royaume-Uni comme porte d’entrée des marchés européens. Mais depuis le Brexit, la donne est différente et Paris est devenue une destination bien plus attractive pour les entrepreneurs asiatiques. Cet élan d’intérêt des entrepreneurs asiatiques pour Paris tient aussi largement des forces de notre capitale dans la formation high tech et la qualité de ses infrastructures pour les startups. En effet, la France est un terreau prospère d’éducation et de compétences dans les technologies, permettant aux jeunes pousses d’apprendre et recruter des profils dans les domaines en vogue comme l’intelligence artificielle ou le “machine learning” (ce n’est pas par hasard que Facebook a ouvert son dernier AI hub – centre d’intelligence artificielle – à Paris). Au niveau des infrastructures, la France fait très fort : 41 accélérateurs disséminés sur le territoire français font partie du programme d’accueil de startups étrangères de la French Tech (le centre de Télécommunications, Recherche et Développement en Bretagne ou le centre aérospatial de Toulouse par exemple), et les grands groupes français lancent aussi leurs programmes pour attirer des entreprises innovantes (exemple de l’accélérateur Airbus). De plus, les médias asiatiques relaient avec beaucoup d’enthousiasme les avancées du projet pharaonique de Xavier Niel : Station F. Anciennement discuté sous l’appellation “Halle Freyssinet”, la Station F sera le plus grand incubateur du monde : plus de 34.000 mètres carrés pour accueillir 3.000 startups ! Les représentants de Startup India sont vraiment admiratifs de cette initiative visant à créer un véritable éco-système startups sous un seul et même toit.

La France brille lors du WebSummit de Lisbonne

Il n’y a pas qu’en Asie que nous impressionnons. Ainsi le WebSummit (plus gros événement européen sur les questions technologiques) avait lieu au début du mois dans la capitale portugaise et s’il a apporté son lot de surprises, le très grand nombre de startups françaises présentes à cet événement n’a étonné personne (plus de 100 entreprises cette année). Pour les acteurs du monde startups, ce dynamisme hexagonal est une tendance forte et durable tant la France connaît depuis quelques années l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneur, prêts à prendre des risques et à casser des barrières pour réaliser leurs visions et idées. Beaucoup de crédit a été donné à la French Tech et toutes ses initiatives de soutien et d’encouragement de l’écosystème français, conduisant par exemple Paris a recensé plus de 20.000 startups entre ses murs (plus que Berlin et légèrement moins que Londres). Ce foisonnement d’idées et de projets se concentre en plus sur des domaines clefs et d’avenir, comme le Big Data, les biotechnologies, l’Internet des objets connectés ou l’économie collaborative. Et ces startups grandissent : des licornes françaises émergent (entreprises valorisées à plus d’1 Md$) comme BlaBlaCar, Vente-Privée ou OVH, et le NASDAQ compte aujourd’hui 7 entreprises françaises dans son indice, dont DBV Technologies et Criteo (valorisée à plus de 2.5 Md$). L’écosystème français de startups bouillonne, et le monde en est conscient.

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