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Lundi 10 Octobre 2016

Désertification médicale : les maires des petites villes souhaitent la création de "territoires prioritaires de santé"

Lors d’une journée d’étude sur les déserts médicaux et l’accès aux soins qu’elle a organisée le 6 octobre, l’Association des petites villes de France (APVF) a proposé la création de "territoires prioritaires de santé" sur le modèle des "quartiers prioritaires" de la politique de la ville. Il s’agit de la première des onze propositions sur l’offre de soins présentées par l’association à l’occasion de cette journée.

Destinés à "répondre aux enjeux de la désertification médicale", ces territoires s’adresseraient à ceux où l’offre de soins est la plus réduite, et qui seraient identifiés par l’Etat. Lequel devra prendre en compte la diversité des situations géographiques et des enjeux. Seront éligibles les territoires ruraux, péri-urbains et ceux en périphérie des grandes villes. Selon l’APVF, "ce dispositif doit favoriser une approche territoriale globale qui implique l’ensemble des acteurs et de l’offre de soins (hôpitaux, notamment de proximité, médecine ambulatoire, structures d’exercice en commun, médecine libérale)". Le tout "sans rajouter de coûts pour les finances publiques, notamment en concentrant des dispositifs déjà existants sur les territoires les plus en difficulté".

Quant aux dix autres propositions, elles consistent à :
- mettre en place une régulation de l’installation des médecins, afin de répondre à la répartition très inégale des médecins libéraux sur le territoire. L’APVF propose que cette question soit traitée soit par le conventionnement, sur le modèle des infirmiers libéraux, soit par la loi. Et d’évoquer la loi de répartition démo-géographique des pharmacies ;
- maintenir les petits hôpitaux et leur donner les moyens nécessaires à leur modernisation (maintien, lorsque cela est possible, des petites structures et de leurs services) ;
- maintenir les dépenses en matière de santé ("la diminution des dépenses publiques ne peut se faire aux dépens de la couverture médicale du territoire, alors que de nombreuses petites villes ont déjà vu nombre de leurs services fermer et sont confrontées à la désertification médicale")  ;
- améliorer le dialogue territorial avec les agences régionales de santé (ARS) ;
- renforcer sensiblement la place des soins de ville dans la formation des médecins (passer d’une formation des médecins aujourd’hui largement hospitalo-universitaire, à une ouverture vers la médecine de ville) ;
- favoriser l’information des médecins de ville sur leur droit, notamment par un renforcement des liens et du pilotage commun entre la caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), les agences régionales de santé (ARS), les représentants des médecins et les médecins eux-mêmes ;
- renforcer l’offre de télémédecine dans les territoires où cela paraît nécessaire ;
- renforcer l’utilisation du contrat local de santé ;
- renforcer le travail sur les zonages pour qu’il soit effectué sur des bases plus régulières (deux à trois ans) qu’à l’heure actuelle (quatre, cinq, six ans)
- régionaliser l’internat (pour favoriser une installation des étudiants et des néo-praticiens sur le territoire où ils ont été formés).

 

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