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Mardi 06 Septembre 2016

La rentrée de l'écosystème startups en France : les acteurs publics et privés ont une histoire à raconter

Après avoir profité du calme estival pour faire un bilan de leurs forces et faiblesses, une analyse du chemin parcouru et une formalisation des objectifs prioritaires de développement, ces derniers vont maintenant pouvoir dérouler leur stratégie et repartir sur les chapeaux de roues.

BPI-France et Kima Ventures : un acteur public et un acteur privé pour incarner l’appétit financier français

Dans le monde de l’information sur les nouvelles technologies et la culture startups, les deux références internationales sont les sites internet américains TechCrunch et VentureBeat. Aussi, il n’est pas anodin de noter que VentureBeat a publié avant-hier un article de rentrée consacré à l’écosystème digital Européen et que ce papier donne une très belle place à la France (“10 things you didn’t know about Europe’s tech scene” ou dans la langue de Molière “10 choses que vous ignorez sur la scène startup en Europe”).

En effet, le premier point abordé dans l’article affirme que c’est bien Paris, et non Berlin,  qui est le vrai challenger technologique de Londres dans un continent post-Brexit: « beaucoup de doutes ont été émis récemment sur la future position de Londres dans un écosystème européen technologique post-Brexit. Et malgré tout ce buzz à propos de Berlin, si l’on doit distinguer un sérieux challenger à Londres, ce serait Paris. La capitale française a bien plus de deals et de capitaux investis que son homologue allemande » (les chiffres donnés dans l’article indiquent qu’en 2016, 138 levées de fonds ont été bouclées à Londres, contre 116 pour Paris et seulement 71 pour Berlin). Cela rejoint la tendance soulignée par l’ancien Ministre de l'Économie et des Finances, Emmanuel Macron, qui expliquait sur le site Maddyness qu'en 2016 la France est devenue l’un des premiers pays d’Europe en nombre d’opérations d’investissement en capital-risque, et que le montant des financements levés en capital-risque en France a bondi de 100 % entre 2014 et 2015, passant d’un à deux milliards d'euros. D’ailleurs si en 2013 Criteo était une exception française en levant 100 millions d’euros, six startups françaises ont atteint ce niveau de financement en 2015 (dont BlaBlaCar ou Parrot par exemple).

Ce dynamisme financier français est expliqué dans l’article VentureBeat notamment par l’appétit et l’ambition de la Banque Publique d’Investissement (BPI France) qui est l’investisseur le plus actif en Europe en 2016 : 40 investissements en 2016, contre seulement 14 pour le fonds britannique Index Ventures qui arrive en seconde place. Aussi on trouve un autre acteur français au sixième rang de ce classement : le fonds privé Kima Ventures de Xavier Niel, avec 10 investissements. D’ailleurs le journaliste souligne que si l’on ajoutait les 6 investissements que Xavier Niel a fait personnellement cette année, cela amènerait son total à 16 deals soit le deuxième rang du classement.

Cette ambition financière française incarnée à la fois par un acteur public et un acteur privé résume à elle-seule la recette de la French Tech pour avancer : un savoureux cocktail public-privé.

Le cocktail de la French Tech: des initiatives publiques-privées, des succès généralisés mais une communication perfectible

Nous en parlons assez souvent sur connexite.fr, mais nos gouvernants semblent véritablement avoir mesuré l’importance de la scène startups dans la définition d’une économie du futur en France. En plus de la création de la BPI, plusieurs initiatives publiques sont à mettre en avant :

  • l’ouverture toujours plus marquée des données publiques : ces données deviennent accessibles aux acteurs privés comme publics qui peuvent les utiliser pour créer de nouveaux services innovants ;
  • la création du French Tech Ticket : ce programme gouvernemental, qui vient d’être reconduit et élargi, a pour vocation d’attirer et de faciliter la vie des entrepreneurs étrangers désireux de s’établir dans l’hexagone ;
  • l’organisation de tables rondes et conférences sur des sujets technologiques et stratégiques d’avenir : par exemple le premier Forum Parlementaire de la Blockchain qui sera tenu le 4 octobre prochain, etc.

Les initiatives privées sont aussi légions et en voici quelques beaux exemples :

  • la création de l’école 42 pour former des développeurs informatiques ;
  • le lancement de nombreux programmes éducatifs axés sur l’entrepreneuriat et soutenus par des entreprises : volonté d’encourager les talents français à se tourner vers les entreprises technologiques plutôt que d’envisager uniquement une carrière dans des grandes entreprises traditionnelles, des banques ou des cabinets de conseil ;
  • la mise en route du projet pharaonique de la Halle-Freyssinet : construction d’un incubateur géant pouvant accueillir 1000 startups, etc.         l

Ce subtil cocktail fait progressivement ses preuves comme l’illustre l’émergence de licornes françaises (par exemple Sigfox, Criteo et BlaBlaCar) ou encore la forte présence des startups françaises dans les grands événements internationaux et les récompenses qu’elles obtiennent (au CES de Las Vegas par exemple).

Et pourtant, si tous ces faits et chiffres mettent Paris bien en avance sur Berlin, le monde parle bien plus de l’écosystème Berlinois que du nôtre… Cela n’échappe pas au journaliste de VentureBeat qui conclut sur la France en disant : « la leçon de tout ça c’est que Paris doit améliorer sa communication, l’histoire qu’elle raconte ». L’importance du storytelling est évidente. Les ingrédients sont là et de plus en plus de jeunes français veulent devenir entrepreneur : une étude BNP-Paribas menée en 2015 sur plus de 3000 jeunes âgés de 15 à 20 ans a montré que 47 % des répondants souhaitent lancer leur propre entreprise. Ces jeunes croient en l’histoire de l’écosystème technologique français, alors peut-être que l’objectif majeur de cette rentrée est de faire en sorte que le monde entier y croit.

 

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