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Mercredi 13 Fevrier 2013

La réforme des rythmes scolaires en état d’arythmie ?

Plus d’un instituteur sur trois en grève hier au niveau national, selon le ministère de l’Education nationale, près de 60 % selon le Snuipp-FSU, principal syndicat du primaire, et entre 62 % (source ministérielle) et 80 % (source Snuipp-FSU) à Paris. Avec pour revendication quasi unique : l’abrogation du décret du 24 janvier dernier qui annonce l’entrée en vigueur de la réforme des rythmes scolaires au début de l’année scolaire 2013-2014, tout en donnant la possibilité aux communes de la reporter à l’année scolaire 2013-2014. Ce que confirme la circulaire du 6 février, qui apporte des précisions sur les principes d’organisation du temps scolaire fixés au niveau national, l’objectif du projet éducatif territorial (PEDT) et les activités pédagogiques complémentaires.

Ce que réclame la quasi totalité des professeurs des écoles en grève, de même que de nombreux élus et parents d’élèves, tout en étant d’accord pour la plupart d'entre eux sur le principe même de la réforme des rythmes scolaires, consistant en un retour à 9 demi-journées (4,5 journées) travaillées par semaine, et un temps périscolaire plus important, c’est un report, au niveau national, de son entrée en vigueur à la rentrée 2014-2015. Ce, pour laisser le temps nécessaire à la réflexion et à l’organisation, celles de la journée scolaire comme celles des activités périscolaires, ces dernières posant de nombreuses questions pas simples à résoudre, par exemple : quels types d’activités ? Avec quel encadrement ? En quels lieux ? A quels moments (éventuellement lors de la pause déjeuner) ? Sans compter les interrogations sur leur financement par les collectivités locales, l’organisation du transport scolaire le mercredi…

Le tout habité par le sentiment, confus, de nombreux enseignants d’une nouvelle dégradation de leurs conditions de travail, d’une certaine crainte quant à l’évolution de leur métier et de la pédagogie elle-même, sentiment mêlé à celui d’une lourde déception, vécue comme une véritable frustration, en regard de ce qui, à leurs yeux, pouvait représenter un espoir pour la réussite scolaire de leurs élèves, en enjeu à la taille de leur implication, de leur enthousiasme, et qui, au final, risque de se transformer en un formidable gâchis, du fait qu’on ne laisse pas suffisamment de temps au temps pour donner toutes ses chances à une réforme somme toute essentielle pour lutter contre l’échec scolaire dont souffre désormais notre école.

Conscient de ce malaise profond, tant du côté des enseignants que de celui des élus, le ministre de l’'Education nationale, Vincent Peillon, a adressé à tous les maires une lettre présentant les enjeux de la réforme et leur a concocté un guide pratique, il a demandé aux inspecteurs de l’Education nationale d’aller "à la rencontre de toutes les collectivités locales et des conseils d’écoles" pour "lever toutes les angoisses". Lui-même, soutenu par la ministre déléguée à la Réussite scolaire, George Pau-Langevin, se lance dans une vaste campagne de terrain sur tout le territoire national, y compris à Paris, qui, après avoir promis le passage aux quatre jours et demi dès septembre prochain, vient d’annoncer, via son maire Pierre Delanoë, que la décision sera finalement prise fin mars après être allé "au bout du débat" avec les fédérations de parents d’élèves, les personnels de la Ville de Paris concernés, les syndicats d’enseignants… ce qui montre bien toute l’étendue du problème.


Aller plus loin

La circulaire n° 2013-017 du 06 février 2013

La circulaire analysée par connexite.fr

Le décret n° 2013-77 du 24 janvier 2013 relatif à l'organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaire
 

L’actualité connexite.fr du 28 janvier 2013 "Organisation du temps scolaire : un décret + une lettre"
 

Le guide pratique "La réforme des rythmes à l’école primaire"

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