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Mercredi 24 Juin 2015

Réduction du déficit public : possible mais pas acquise, prévient la Cour des comptes

La Cour des comptes a publié son rapport annuel sur la situation et les perspectives des finances publiques. Principaux constats : en 2014, le déficit public n’a été que très légèrement réduit ; la situation de la France reste plus déséquilibrée que celle de nombreux pays européens ; pour 2915, l’objectif de réduction du déficit public est limité, mais son respect "exige une grande vigilance sur la dépense" ; pour 2017, l’objectif est plus ambitieux mais il repose sur des mesures d’économies "mal identifiée à ce stade".

S’agissant du déficit public, les sages de la rue Cambon estiment que "en dépit de conditions économiques plus favorables qu’en 2014, le programme de stabilité de la France prévoit pour 2015 une réduction encore modérée [dudit déficit]" soit 0,2 point du PIB. Selon eux, le poids de la dette devrait progresser et atteindre 97 % du PIB en 2015. S’ils croient possible la réduction prévue du déficit, ils soulignent qu’elle n’est pas pour autant acquise. D’une part, parce que les objectifs d’évolution des dépenses publiques seront "difficiles à atteindre", en particulier pour l’Etat et les collectivités locales, d’autre part,  s’agissant de l’Etat, en raison notamment des tensions concernant le budget de la défense et la mission "Travail et emploi". Les sages se montrent par ailleurs sceptiques quant à l’effectivité du ralentissement des dépenses de fonctionnement et d’une nouvelle baisse "marquée" des dépenses d’investissement des collectivités sur lesquels repose la "modération des dépenses locales prévues".

Quant à 2016 et 2017, si l’objectif de "stabilisation en volume des dépenses des administrations publiques" est plus ambitieux, il suppose la réalisation d’économies à hauteur de 14,5 Md€ par an, pour laquelle les mesures sont encore "mal identifiées" à ce jour. Commentaires des sages : "Il est donc loin d’être acquis que le déficit public soit ramené à 3,3 % du PIB en 2016 et 2,7 % en 2017."

Au final, la Cour des comptes, qui voit se dessiner pour 2015 une "conjoncture plus favorable" de nature à améliorer le déficit public, n’en demande pas moins au Gouvernement de continuer à "viser l’amélioration du solde structurel prévue dans le programme de stabilité", autrement dit à rester extrêmement vigilant en matière de dépenses.

Constatant que "contrairement à la plupart de ses partenaires européens, la France a fait le choix d’étaler dans le temps l’ajustement de ses finances publiques afin d’en limiter les conséquences à court terme sur l’activité", les sages en soulignent la contrepartie : "Maintenir dans la durée l’effort d’ajustement, […] ne pas relâcher cet effort lorsque le retour de la croissance peut sembler le rendre, à tort, moins nécessaire."

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