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Jeudi 19 Decembre 2013

Quelle issue à la réforme du statut des sages-femmes ?

Le statut des sages-femmes doit être révolutionné, mais quelle forme prendra-t-il ? Sous la pression des professionnels de la maïeutique, en grève depuis le 16 octobre, et alors que les négociations n’aboutissent pas, les propositions de la ministre des Affaires sociales et de la Santé se précisent.

Interrogée par la députée Véronique Louwagie, Marisol Touraine a évoqué trois pistes complémentaires.


La première est de reconnaître le caractère médical de la profession, dans la droite ligne des revendications des sages-femmes, qui sont passent par une première année en études de santé, au même titre que les médecins et les odontologues.  Cette reconnaissance doit se doubler d’une réelle autonomie, comme par exemple leur confier la responsabilité d’unités de physiologie.


Cette évolution du métier serait traduite sur le plan statutaire par la création soit d’une filière médicale autonome, soit d’un statut médical de praticien maïeutique. Cet aspect est contesté par les sages-femmes, comme l’a rappelé l’Ordre national de la profession. La revendication première est en effet d’obtenir le statut de praticien hospitalier. Le ministère de la Santé pourrait préciser son annonce, en particulier en incluant dans le statut médical de praticien dans le statut des praticiens hospitaliers. Pour certaines organisations syndicales en revanche, placer les sages-femmes sous le statut de praticien hospitalier n’est pas préférable à demeurer au sein de la fonction publique.


La dernière proposition, conséquence de l’évolution du statut comme du métier, est la revalorisation du traitement. Considéré comme le véritable point de blocage à une évolution statutaire, le fait que la ministre avance un tel élément pourrait bien être le signe d’une reprise fructueuse des négociations … mais le fait que l’organisation nationale du syndicat des sages-femmes ait claqué la porte des négociations hypothèque fortement cette idée.

Minée par des divergences au sein même des organisations représentatives de la profession, et par l’inertie du ministère de la Santé sur une question qui existe depuis vingt ans, la réforme de la profession des sages-femmes n’aboutira pas immédiatement. Mais peut-être ne faudra-t-il pas neuf mois pour qu’elle voit le jour.

Aller plus loin :

Question de Mme Louwagie – Réponse du 18 décembre 2013

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