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Jeudi 15 Decembre 2016

La Poste, entre service public de proximité et logique comptable

Tandis que la Cour des comptes s’inquiète de l’avenir de La Poste et lui demande d’accélérer les réformes, l’Association des maires de France (AMF) a validé le contrat de présence postale territoriale 2017-2019 qui doit être signé en janvier 2017, son premier vice-président délégué, André Laignel, estimant que "l’essentiel a été préservé".

L’inquiétude des Sages de la rue Cambon s’exprime dans un rapport publié le 13 décembre sous cette forme : "L’existence de risques exogènes et les incertitudes pesant sur les relais de croissance soulèvent des doutes sur la capacité de La Poste à réaliser les objectifs qu’elle s’est fixés pour 2020" et tient dans cette recommandation : "La Poste devra, dans les années à venir, chercher sans relâche à réduire les coûts de ses réseaux." Au menu des préconisations : la réduction de ses effectifs, la maîtrise des rémunérations, la réorganisation du réseau de bureaux de poste, la restructuration, en cours, se traduisant d’ores et déjà par la transformation de ceux à faible activité, via des partenariats, notamment avec des mairies et des commerces, pour 46% des "points de contacts" (7.939 sur 17.088).

Dans un entretien publié le 14 décembre par Maire info, André Laignel, interrogé sur le contrat de présence postale territoriale tripartite (entre le groupe La Poste, l’Etat et l’AMF), estime donc que "l’essentiel a été préservé" pour la période 2017-2019, ce, après un refus de sa part sur la première version dudit contrat. Signe d’une négociation serrée. Qu’est-ce qui a convaincu l’AMF de signer ? "D’abord le niveau du fonds de péréquation, [qui est] passé de 170 à 174 M€ par an", ainsi que le renforcement de l’autonomie des commissions départementales de présence postale territoriale, "qui auront beaucoup plus de latitude pour l’attribution des crédits disponibles". Autres avancées : "une série de garanties pour les communes rurales", avec le maintien de l’obligation de l’accord du maire avant transformation d’un bureau de poste. Un dispositif étendu aux communes nouvelles et aux communes n’ayant qu’un seul bureau de poste, "avec toujours une protection particulière pour les bureaux qui sont dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville".

A noter que pour les autres communes urbaines, le maire devra se contenter d’une simple consultation, La Poste s’engageant lui à faire une seconde proposition. Une sorte de droit d’appel dont semble se satisfaire André Laignel, qui reconnaît par ailleurs que La Poste "ne fait pas toujours son devoir, sur le terrain, pour préserver le service public". Quant à la logique comptable de la Cour des comptes, "cela ne peut pas être [celle] des élus qui, eux, veulent de la proximité, veulent du service public local".

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