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Lundi 09 Mai 2016

Politique de la ville : 1.500 quartiers prioritaires passés au peigne (presque) fin de l’ONPV

Créé par la loi du 21 février 2014 pour la ville et la cohésion urbaine et installé par Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, le 19 janvier 2016, l’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV) a publié son premier rapport annuel sur l’observation des nouveaux quartiers prioritaires. Il a été remis à Hélène Geoffroy, secrétaire d’Etat à la Ville, le 3 mai. Ce sont ainsi 1.500 quartiers concentrant des difficultés sociales, urbaines et économiques majeures, qui sont passés au peigne (presque) fin dans le cadre de la mission d’évaluation confiée à l’ONPV, dont ce premier rapport dresse en quelque sorte un "point de départ de leur situation", selon la formule de Jean Daubigny, son président, qui promet des éditions ultérieures élargies et approfondies.

Un rapport structuré autour de trois thématiques, présentées comme "les trois piliers des nouveaux contrats de ville" : la cohésion sociale ; le cadre de vie et le renouvellement urbain ; le développement économique et l’emploi.

Au chapitre "Cohésion sociale", le rapport présente plusieurs articles sur l’éducation, l’offre de soins ou encore l’implication associative ou sportive. On y apprend par exemple qu’au moins deux collégiens sur trois résidant en quartier prioritaire fréquentent un établissement à faible mixité sociale, très souvent classé en réseau d’éducation prioritaire ; que l’offre de soins y est plus faible, et ce pour la plupart des types d’offre : les professionnels libéraux de proximité(médecins omnipraticiens 1,5 fois moins présents, infirmiers libéraux 1,4 fois moins présents), les médecins spécialistes libéraux (3,4 fois moins présents), les établissements de santé (3,4 fois moins présents) et l’offre médico-sociale ; qu’un résident sur cinq âgés de plus de 16 ans, principalement les plus diplômés, déclare être impliqué dans une activité associative, et qu’une pratique sportive licenciée est deux fois moins importante en quartier prioritaire.

Au chapitre "Cadre de vie et renouvellement urbain", le rapport relève que 600 quartiers, anciennes zones urbaines sensibles (ZUS, au nombre de 428) ou autres quartiers urbains, sont concernés par les opérations du programme national de rénovation urbaine (qui prévoit notamment des opérations de démolition, de reconstruction, de réhabilitation et de résidentialisation de logements) ; que l’habitat collectif des ZUS, majoritairement social, est jugé le plus souvent mal isolé, humide et bruyant par ses occupants qui expriment également un sentiment d’insécurité plus fort que dans les autres quartiers (ils se déclarent plus fréquemment victimes de vols de deux roues motorisées et de dégradations volontaires de véhicules et sont deux fois plus nombreux que les habitants des autres quartiers à avoir été témoins de consommations ou de trafic de drogues ; que les communes comprenant au moins un quartier prioritaire ont un taux de délinquance plus élevé.

Au chapitre "Développement de l’activité économique et de l’emploi", l’ONPV souligne le taux de chômage très élevé dans les quartiers prioritaires, quel que soit le niveau de diplôme, le sexe ou l’origine : 26,7% contre à peine 10% dans le reste des agglomérations (31,7% pour des niveaux d’études inférieurs au BEP/CAP, 18,8% pour les niveaux Bac + 2 et plus. Le taux de chômage plus faible des femmes traduit en réalité leur retrait plus important du marché du travail. Immigrés et non immigrés connaissent un taux de chômage à peu près identique (respectivement 27,9% et 28,2%) contrairement aux agglomérations environnantes où le taux de chômage des immigrés est bien supérieur à celui des non immigrés (15,5% contre 9,2%). Quant à la qualification des emplois, parmi les actifs, 51% des hommes y sont ouvriers (contre 26% des autres quartiers), 59% des femmes sont employées (contre 42%). Quelque 6%, hommes et femmes, sont cadres. A noter enfin : 20% des diplômés Bac + 5 résidant en quartier prioritaire occupe un poste d’employé ou d’ouvrier (contre 5%). Au total, moins d’un habitant sur deux est en emploi et dans des conditions plus précaires qu’ailleurs : plus souvent en CDD, intérim, ou à temps partiel.

Aller plus loin

La synthèse du rapport de l’ONPV

Le rapport complet

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